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Exposition universelle: inquiétudes sur l'avenir de la ligne 18 du super métro

Le budget du futur métro "Grand Paris Express" a totalement dérapé, dénonce la Cour des comptes.

Le budget du futur métro "Grand Paris Express" a totalement dérapé, dénonce la Cour des comptes. - Thomas Samson - AFP

Après l'annonce du Premier ministre dimanche de renoncer à la candidature de la France à l'exposition universelle de 2025, les élus franciliens s'inquiètent des conséquences sur le territoire. Pour eux, cet abandon signe le report de la ligne 18 du Grand Paris Express qui doit doit permettre de désenclaver le plateau de Saclay.

Il n'y aura pas d'exposition universelle en France en 2025. Le Premier ministre Edouard Philippe a fait part dimanche de sa décision de retirer la candidature française, portée par le site scientifique et technologique de Paris-Saclay dans l'Essonne.

Au lendemain de cette annonce, ceux qui avaient jusque-là soutenu le projet s'insurgent du renoncement de la France à cet événement mondial. Les élus franciliens comptaient d'une part sur les retombées financières de l'exposition universelle mais aussi sur l'accélération de grands projets pour la région avec en premier lieu, la construction de la ligne 18 du Grand Paris Express. Le premier tronçon de cette ligne, initialement prévu pour 2024 doit permettre de rallier l'aéroport d'Orly au plateau de Saclay.

"J'ai peur qu'on justifie par l'abandon de l'exposition universelle, l'abandon de cette ligne qui est structurante pour l'Ile-de-France et structurante pour l'économie du pays", s'inquiétait dimanche Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. 

Un nouveau calendrier pour la ligne 18?

La semaine dernière, la ministre des Transports Elisabeth Borne a assuré que le schéma du Grand Paris Express, qui prévoit la construction de 200 km de nouvelles lignes de métro ne serait pas remis en cause. Mais le gouvernement est sur le point d'annoncer un nouveau calendrier pour ce chantier géant avec à la clé, le report potentiel de la construction de certaines lignes du super métro.

En cause notamment, l'explosion du budget du Grand Paris Express, désormais estimé à 38,5 milliards par la Cour des comptes, contre un objectif initial de 25,4 milliards.

Ce lundi, Jean-Christophe Fromantin, président du comité Expofrance 2025, n'a pas caché sa colère après l'annonce du Premier ministre, accusant le gouvernement de renoncer à l'exposition universelle à cause de son impuissance à financer la ligne 18.

"Ce que l'Etat n'a pas réussi à faire avec le métro du Grand Paris, il l'impute à l'organisation de l'exposition universelle", s'agace-t-il sur RTL ce lundi. "On avait besoin de ce grand métro, l'engagement de l'Etat, du président de la République était que ce métro serait au rendez-vous de l'exposition universelle. Or ce grand métro, le gouvernement n'a pas su le programmer et le chiffrer", poursuit-il.

La "Silicon Valley francilienne" menacée? 

Derrière la construction de la ligne 18 se pose aussi la question de l'avenir du plateau de Saclay, qui se rêve en Silicon Valley francilienne. L'inquiétude s'exprime jusque dans les rangs des députés de La République en marche. Dans un courrier adressé à Edouard Philippe que s'est procuré Le Parisien, Cédric Villani et Amélie de Montchalin, élus de l'Essonne, préviennent qu'un report de la ligne serait vécu comme "une véritable trahison".

"La ligne 18 a été pensée pour pallier le relatif enclavement du plateau de Saclay. En 2014, l'Etat a fait une promesse solennelle que la liaison Orly-Saclay se ferait à l'horizon 2024, ce qui a joué un rôle important pour convaincre des acteurs comme des grandes entreprises et des grandes écoles d'accélérer leur installation", écrivent-ils.

Ils évoquent aussi les difficultés quotidiennes des étudiants, chercheurs et ingénieurs pour se rendre sur le site. Le pôle scientifique regroupe une vingtaine d'établissements orientés vers les sciences, la recherche et les nouvelles technologies, de l'école Polytechnique au CNRS en passant par le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). 

Carole Blanchard