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Résultats du Bac: des professeurs menacent de ne pas corriger les copies

A trois jours du rendu des résultats du bac, des correcteurs de l'épreuve menacent de ne pas rentrer les notes des copies dont ils ont la charge, sans des modifications de la réforme du lycée.

"On ne corrigera pas!" Alors que les résultats du baccalauréat sont attendus vendredi 5 juillet, des professeurs menacent le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer de faire de la "rétention de copies", pour protester contre la réforme du lycée. Plus de 122.000 copies ne seraient ainsi ni corrigées, ni renvoyées par les grévistes selon le collectif Bloquons Blanquer.

"C'est la seule façon qu'on a trouvée pour que le ministère daigne enfin entendre nos revendications", déclare un professeur d'anglais au lycée, manifestant devant l'université de la Sorbonne, à BFMTV.

Une professeure de philosophie déclare également avoir prévu de ne pas rentrer les notes avant mardi midi, comme elle est censée le faire.

"On ne comptait pas en arriver là mais c'est une dernière action, un peu désespérée, pour nous faire entendre", a-t-elle ajouté.

La réforme du lycée attaquée

Ces enseignants disent non à la réforme du lycée, qui prévoit notamment la fin des séries L, S et ES, remplacées par des banques de spécialités, trois en première, deux en terminale. Le site "Bloquons Blanquer" recense les reproches faits à cette réforme:

"Dans un petit lycée, il y aura très peu de choix (...) En plus, avec Parcoursup, votre enfant sera placé dans une filière par des algorithmes, avec tout ce que cela suppose d’arbitraire et de bugs" et "le bac d’un lycée de quartier défavorisé ou de campagne risque d’être moins valorisé que les autres".

L'association s'inquiète également des futures évaluations des professeurs qui "seront mis en concurrence", selon elle, dans "un climat de méfiance, de surveillance et de concurrence".

"Chacun aura ses résultats en temps et en heure"

"Chacun aura ses résultats en temps et en heure", a toutefois affirmé Jean-Michel Blanquer de son côté. "Personne ne doit prendre la responsabilité d'empêcher le bon fonctionnement du service public" et de "prendre les élèves en otage", a-t-il ajouté.

"Si une note n'est pas rentrée, le correcteur va être contacté pour un rappel à l'ordre", explique le ministère. Il sera considéré comme gréviste, non pas seulement le jour-même, mais depuis le moment où il a retiré ses copies. Cela signifie jusqu'à 15 jours sans salaire dans certains cas, avec "des sanctions très graves", en cas de non rendu des copies.

Le corps enseignant envisage déjà de se mettre en grève à la rentrée 2019, certains professeurs de collège menacent même de ne pas corriger les copies du brevet.

Salomé Vincendon