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Mobilisation des lycéens: un syndicat appelle à un "mardi noir"

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Après une première semaine de blocages dans les lycées et malgré une baisse de la mobilisation lundi, l'UNL-SD, un syndicat lycéen, a appelé à un "mardi noir" le 11 décembre.

L'heure est à la "revanche lycéenne". Depuis une semaine, les lycéens, rejoints par des étudiants, se sont à leur tour mobilisés, dans le sillage des gilets jaunes. Ce lundi, le syndicat de l'Union Nationale Lycéenne Syndicale et Démocratique (UNL-SD) a appelé à un "mardi noir" pour ce 11 décembre.

"On veut privilégier une action ponctuelle", explique Nathan Le Potier, le secrétaire général de l'UNL-SD contacté par BFMTV.com, tandis que la mobilisation lycéenne était en forte baisse ce lundi. Au total, le ministère de l'Éducation nationale a recensé 120 lycées perturbés, dont 40 totalement bloqués, contre 400 la semaine dernière.

"En organisant ce 'mardi noir', nous voulons montrer que nous ne sommes pas 'minoritaires', comme l'a laissé entendre Jean-Michel Blanquer", précise Nathan Le Potier.

Le secrétaire général de l'UNL-SD prévoit de fortes perturbations pour ce mardi: "Il devrait y avoir une dizaine de lycées entièrement bloqués à Paris et une grande manifestation doit se tenir à midi, entre la place Saint-Michel et la place Vendôme, où se trouve le ministère de l'Éducation nationale." Le syndicaliste annonce également des blocages et des manifestations à Rennes, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Dijon ou encore Caen.

"Si les blocages sont impossibles, nous conseillons aux lycéens de privilégier les sit-in pour protester, pendant la récréation ou les heures de cantine de par exemple", ajoute Nathan Le Potier.

En appelant eu calme la semaine passée, Jean-Michel Blanquer a également estimé que les "gilets jaunes" et les lycéens n'avaient "rien à voir". Un argument que réfute le membre de l'UNL-SD.

"On veut qu'il y ait des passerelles entre les gilets jaunes et les lycéens, qu'il y ait une vraie convergence des luttes" espère-t-il.

Des revendications diverses

Parmi les revendications de l'UNL-SD: abandon de la sélection à l'université ou la réforme du bac, prévue pour 2021, ou encore gratuité des manuels scolaires et des transports. Le syndicat s'inquiète aussi d'une baisse du pouvoir d'achat, "qui concerne tout autant les lycéens que les actifs". 

Les lycéens ont d'ailleurs été rejoints par quelques étudiants, mobilisés contre la hausse des frais de scolarité annoncée pour les jeunes n'appartenant pas à l'Union européenne. Lundi, les sites parisiens de Tolbiac et la Sorbonne ont été fermés par mesure de sécurité. À l'université de Paris-Nanterre, les étudiants n'ont pas pu entrer.

"La hausse des frais pour les étrangers est l'étincelle qui a déclenché le mouvement", juge de son côté Barthélémy Piron, étudiant en histoire et syndiqué à l'Unef, interrogé par l'AFP.

Un climat déjà tendu

Au delà des revendications, ce "mardi noir" s'organise dans un climat tendu, quelques jours après l'interpellation filmée de 151 jeunes à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. Samedi matin, l'UNL a annoncé avoir déposé une plainte notamment pour "violences sur mineurs de 15 ans et plus par personne dépositaire de l'autorité publique". Toujours dans la même veine, le syndicat a également invité en ce début de semaine les lycéens à protester en solidarité avec ceux de Mantes-la-Jolie, "à genoux et mains derrière la tête".

Valentine Arama