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Les enseignants fustigent un rapport "inadapté, inacceptable" de la Cour des comptes

Les syndicats et enseignants sont vent debout contre les préconisations du rapport de la Cour des comptes rendu mercredi.

Les syndicats et enseignants sont vent debout contre les préconisations du rapport de la Cour des comptes rendu mercredi. - -

Non pas un manque de moyens humains ou financiers, mais une mauvaise gestion, tel est l'esprit du rapport remis mercredi par la Cour des comptes sur l'Education nationale. Ce constat est les recommandations qui s'en suivent font bondir les enseignants, syndicat en tête.

Les syndicats d'enseignants dénoncent avec la plus grande fermeté la "vision gestionnaire" portée par le rapport de la Cour des comptes rendu mercredi qui stigmatise une mauvaise gestion de l'Education nationale, par opposition à un manque de moyens humains et budgétaires.

"Le problème n'est pas celui du nombre d'enseignants ou d'une insuffisance des moyens" budgétaires: la suppression de 80.000 postes sous le précédent quinquennat ou la création prévue de 60.000 postes en cinq ans "sont vaines si elles se font à règles de gestion inchangées", juge ce rapport publié mercredi.

Des préconisations en trompe-l'œil selon les enseignants

Par-delà le constat de la situation, le rapport de la Cour des comptes émet également des recommandations dont une annualisation du temps de travail, un développement de la bivalence ou de nouvelles règles de mutation et d'affectation.

Toutes sont jugées soient illusoires, soient inacceptables ou inadaptées par les syndicats d'enseignants. Ils dénoncent d'une seule voie l'orientation "très libérale" de ce rapport et jugent que la revalorisation des enseignants les plus qualifiés et la redéfinition des missions au cas par cas selon les établissements, n'est simplement pas compatible avec la mission de service public confiée à l'Education nationale. "C'est mettre les personnels en concurrence, ce serait dire à certains qu'ils travailleraient mieux que d'autres et qu'ils mériteraient d'être mieux payés, ce qui n'est pas acceptable", explique Catherine Piecuch, professeure d'Allemand.

Quant à la bivalence, soit le fait pour un enseignant d'enseigner deux matières, celle-ci paraît impossible. "Il ne faut pas raconter d'histoires parce que le niveau des acquisitions demandé, quelle que soit la discipline, nécessite d'être extrêmement fort", analyse Pierre Petremann, professeur d'histoire. Les titulaires d'une double formation ne viseront pas une carrière de professeur des collèges, explique-t-il encore.

Un rapport pour critiquer l'action des prédécesseurs?

Que pense l'exécutif de ce rapport, alors que le corps enseignant est traditionnellement une composante essentielle de l'électorat du Parti socialiste? Vincent Peillon avait estimé devant le Sénat mercredi que "malgré certains désaccords dans ce rapport, il y a beaucoup de choses positives sur lesquelles nous pouvons prendre acte". Le ministre de l'Education n'a en revanche pas précisé quels étaient ces points positifs.

Najat Vallaud-Belkacem voit dans ce rapport essentiellement un "réquisitoire extrêmement sévère" contre le quinquennat Sarkozy avec la disparition de 80.000 postes et "aucune gestion fine, modernisation de l'Éducation". Quant à stigmatisation d'une mauvaise gestion, la porte-parole du gouvernement invite simplement "à relire le rapport".


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