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Le bac est-il "donné" à tout le monde? Ce que disent les chiffres

Un lycéen passe son bac en juin 2017.

Un lycéen passe son bac en juin 2017. - Martin BUREAU / AFP

Contrairement aux idées reçues, le bac n'est pas "donné à tout le monde". En 2018, 40% des jeunes en âge de passer le diplôme étaient titulaires d'un bac général. Toutes séries confondues, ce chiffre monte à 80%.

En 2015 déjà, l'ancien ministre de l'Education nationale, Luc Ferry, affirmait que "pour ne pas avoir le bac, il faut en faire la demande". Des propos qui font perdurer l'idée que, de nos jours, tous les jeunes sont bacheliers. Ce qui est encore loin d'être le cas.

Si on se fie aux rapports officiels du ministère de l'Education, en 2018, près d'un jeune sur cinq n'obtient pas de bac par génération*. C'est certes peu comparé à 1980, époque où seul un jeune sur cinq était bachelier.

Une évolution plus nuancée qu'elle ne le paraît

En apparence, l'évolution est donc impressionnante. Cependant, quand on regarde les chiffres de plus près, la progression est plus nuancée. Grâce à l'outil ci-dessous, découvrez l'évolution du taux de bacheliers admis par génération* depuis 1980.

La proportion de titulaires d'un bac général par génération* est ainsi passée de 24% en 1988 à "seulement" 42% aujourd'hui. Une forte évolution mais pas aussi impressionnante que l'augmentation toutes séries confondues.

Entre 1995 et 2011, on a même assisté à un net recul du bac général, la proportion de titulaires redescendant autour des 30% pendant une quinzaine d'années. Selon un rapport du ministère de l'éducation de l'époque, cette baisse est due au "recul de la série littéraire".

Le "problème d'image" de la série L a eu un impact sur le bac général

Dans Le Monde, le journaliste spécialiste de l'éducation Olivier Rollot avançait les même arguments. Entre 1985 et 2009, "quand le nombre des bacheliers scientifiques a doublé, celui des littéraires n’a augmenté que de 10% et baisse maintenant régulièrement".

Une tendance qui s'explique selon le journaliste par le "problème d’image" de la série L, présentée caricaturalement comme une filière "qui ne mène à rien", réservée aux femmes (78,7% de filles en 2009) et aux fainéants.

Le bac professionnel recule, la filière technologique stagne

Depuis quelques années, on note cependant un retour du bac général qui gagne de plus en plus de terrain notamment aux dépens de la filière professionnelle. Après un pic en 2012, cette dernière enchaîne en effet les "mauvaises" années.

La faute peut-être aux difficultés d'intégration sur le marché de l'emploi après ces bacheliers. D'après un article de Libération, "la France fait partie des pays de l’OCDE qui (les) insèrent le moins bien. Sept mois après l’obtention de leur diplôme, 46% des bacheliers pro se retrouvent sur le carreau, sans emploi". 

*Selon le Ministère de l'éducation, le nombre de la génération est obtenu en calculant, pour chaque âge, le rapport du nombre de lauréats à la population totale de cet âge, et en faisant la somme de ces taux par âge.

Louis Tanca