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Covid-19 à l'école: le Snuipp-FSU prévoit 75% de grévistes et la moitié des écoles fermées jeudi

(photo d'illustration)

(photo d'illustration) - FRED TANNEAU © 2019 AFP

Les enseignants se mobilisent contre le protocole Covid-19 mis en oeuvre dans les établissements scolaires, jugé trop difficile à mettre en place.

Le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, a prévu ce mardi que 75% des enseignants du premier degré seraient grévistes et que la moitié des écoles seraient fermées ce jeudi, dans le cadre d'une mobilisation nationale contre le protocole Covid-19 mis en oeuvre dans les établissements scolaires.

"Cette mobilisation historique par son ampleur sur ces vingt dernières années n'est pas 'une grève contre le virus' mais illustre le ras-le-bol grandissant dans les écoles", écrit le syndicat dans un communiqué.

Le Snuipp-FSU dénonce "des conditions de travail qui se dégradent" et "les mensonges permanents du ministre de l'Education", Jean-Michel Blanquer, qui avait lancé ce mardi matin: "On ne fait pas une grève contre un virus".

Le nouveau protocole critiqué

Lundi soir, le Premier ministre Jean Castex a annoncé un assouplissement du protocole sanitaire face à l'épidémie de Covid dans les établissements scolaires et au risque de pagaille. Trois simples autotests pour les cas contact à l'école, sans obligation de test antigénique ou PCR, sont désormais demandés.

"Non seulement le protocole actuel ne protège pas les élèves, les personnels et leurs familles mais de plus il désorganise complètement l'école. Ainsi, contrairement aux affirmations gouvernementales répétées, ce n'est pas l'école qui est ouverte mais une forme de 'garderie'", dénonce le Snuipp-FSU.

Selon le syndicat, "dans les conditions actuelles, les élèves ne peuvent pas apprendre correctement, leur nombre étant très fluctuant et l'enseignement hybride entre présentiel et distanciel impossible à mettre en oeuvre". Le Snuipp-FSU pointe aussi "le non remplacement des enseignants et enseignantes malades qui devient intenable".

Un mouvement de grève durable?

Ainsi, il dit qu'il "mettra tout en oeuvre pour que le gouvernement entende enfin la colère des personnels. Après le 13 janvier, si besoin, il proposera de nouvelles mobilisations unitaires face au mépris gouvernemental, pour la sécurité sanitaire de l'école et le nécessaire recrutement de personnels".

"Cette colère des personnels n'est pas un épiphénomène conjoncturel mais prend racine à la fois dans l'incapacité doublée d'incompétence à gérer la crise sanitaire à l'école et aussi plus globalement dans la politique éducative conduite depuis cinq ans qui abîme l'école et méprise les personnels", assure le syndicat.

Jean Castex a fait état de 10.400 classes fermées, soit 2% des classes en primaire, mardi devant l'Assemblée nationale. Jean-Michel Blanquer a évoqué mardi matin 50.000 cas positifs cumulés sur 12 millions d'élèves.

Majoritaire dans le primaire, le Snuipp-FSU a lancé vendredi dernier un appel à la grève nationale pour le 13 janvier afin d'"obtenir les conditions d'une école sécurisée sous Omicron". Il a été rejoint par la plupart des autres syndicats enseignants, SE-Unsa, Snes-FSU, Snalc, CGT Educ'action, SUD Education, FO et le Sgen-CFDT.

S.R. avec AFP