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Doudous, cartables et trousses sont-ils autorisés dans les crèches et écoles?

Photo d'illustration de doudou

Photo d'illustration de doudou - CC/Flickr/Furfante

Alors que certains enfants retrouvent ou vont retrouver le chemin de la crèche ou de l'école, ont-ils le droit d'être accompagnés de leur doudou, cartables et trousses? Réponse au cas par cas.

Alors que la distanciation sociale est de mise dans les écoles, que les gestes barrières doivent être scrupuleusement appliqués - même par les plus jeunes - que le brassage des élèves est proscrit et que les locaux et le matériel scolaire doivent être désinfectés, qu'en est-il pour les objets personnels, comme les doudous, trousses et cartables, que les élèves manipulent toute la journée à la crèche ou à l'école et le soir à la maison?

"Trouver des stratégies" pour doudou

Enlacé, mâchouillé, frotté sur le nez, il est, pour de nombreux enfants en bas âge, l'inséparable compagnon de jour et de nuit. Pour le psychologue pour enfants Jean-Luc Aubert, auteur de la chaîne YouTube Questions de psy, il faut "trouver des stratégies" pour que l'enfant n'en soit pas privé, analyse-t-il auprès de BFMTV.com.

"C'est un objet transitionnel qui permet de rassurer l'enfant dans la transition entre l'intérieur, c'est-à-dire ce qu'il connaît, comme sa maison et ses parents, et l'extérieur. Son aspect, sa texture, son odeur lui apportent un sentiment de sécurité. Il faut que le doudou puisse continuer de jouer son rôle, même en période de crise sanitaire."

L'idéal, selon ce professionnel: l'avoir en double pour que l'un reste à la maison et l'autre à la crèche.

Un deuxième pour la crèche

Selon le guide ministériel Covid-19 sur les modes d'accueil du jeune enfant, il faut "encourager autant que possible le confinement pour les doudous et les tétines" afin que ces derniers restent à la crèche. "Ceux de la maison restent à la maison ou dans le hall de l’entrée", recommande le guide.

Ce sera le cas dans la vingtaine de crèches parisiennes du réseau ABC puériculture qui accueilleront les enfants - avec des effectifs réduits de moitié - la semaine prochaine. "On demande aux parents que le doudou reste à la crèche", indique à BFMTV.com Noëlle Buton, sa directrice générale. "Il n'est pas question d'empêcher les enfants d'avoir leur doudou mais il faudra le dédoubler ou en créer un nouveau pour la crèche."

S'il est en tissu, il sera lavé en machine à 60°C tous les soirs. En plastique ou en caoutchouc, le petit jouet fétiche sera quant à lui désinfecté quotidiennement avec un produit spécifique, similaire à celui utilisé pour laver les surfaces alimentaires, comme le recommande le guide ministériel, puis rincé à l'eau.

En maternelle, enfermé dans un sac plastique

Mais dans la pratique, ce sera souvent du cas par cas. Dans les crèches gérées par la mairie de Lyon, seuls les doudous et sucettes sont ainsi autorisés "en aller-retour" entre la maison et la structure d'accueil. Des rangements individualisés permettent cependant de les laisser sur place en fin de journée. "La sucette est nettoyée tous les jours, à chaque fois que nécessaire", précise à BFMTV.com le cabinet du maire. Quant au doudou, "une à deux fois par semaine selon le temps de présence". 

À Lyon, le problème du doudou ne se posera pas dans les écoles maternelles puisque les petites et moyennes sections ne reprendront pas d'ici les grandes vacances, indique encore la mairie. "Et en grande section, il n’y a plus de temps de sieste, donc les enfants ne sont pas censés amener leur doudou sur le temps scolaire."

Pour les écoliers marseillais, si le doudou a le droit de cité en maternelle, il doit cependant être enfermé dans un sac au nom de l'enfant, précise la mairie à BFMTV.com, qui ajoute que "le personnel ne pourra pas en garantir la sécurisation complète".

La trousse désinfectée

Officiellement, le protocole sanitaire pour la réouverture des écoles indique seulement qu'il faut veiller "au respect des gestes barrières et de la distanciation physique", "à l'absence d'échange d'objets personnels" et "à ce que les matériels pédagogiques aient été préalablement désinfectés ou isolés à l’air libre plusieurs jours". Mais ne précise rien quant aux effets personnels des enfants.

Le ministère de l'Éducation nationale assure cependant à BFMTV.com que les élèves peuvent apporter leur trousse à l'école. "Une fois le matériel désinfecté, il reste à leur table à l'école", qui peut aussi fournir un kit aux élèves.

Les vêtements placés dans un sac

Dans la classe unique de l'école de Montarlot, un village de Seine-et-Marne, quatre élèves sur les 16 du CP au CM2 que compte l'école seront de retour en classe le 2 juin, indique la mairie, contactée par BFMTV.com. "La classe fait 56 m2², il faut prévoir un couloir, un espace pour la maîtresse, nous pourrions éventuellement en accueillir un de plus."

Alors que le matériel, notamment les stylos et crayons, était partagé - les enfants n'avaient pas à apporter leur trousse - il sera désinfecté et attribué à chaque enfant. "Les stylos ne sortiront pas de la classe", ajoute l'élue. Le cartable restera pour sa part durant la journée au pied de la table, avec des pastilles au sol indiquant les emplacements. 

Quant aux vêtements des élèves - manteau, veste, pull - ils seront placés dans un grand sac au nom de l'enfant, les porte-manteaux ayant été condamnés. 

"Les enfants sont capables de s'adapter"

"Quelle que soit la stratégie que l'on trouve, il faut accompagner l'enfant", poursuit le psychologue Jean-Luc Aubert. Concrètement, cela signifie par exemple expliquer que "doudou doit rester dans un sac, que c'est sa maison et qu'il ne doit pas en sortir pour ne pas attraper la maladie".

Pour un bébé, quelques mots et un ton doux suffisent. "Voir le doudou placé dans un sac permettra d'assurer une certaine transition plutôt que de le mettre devant le fait accompli." Un moindre mal, selon ce professionnel.

"Il ne faut pas non plus oublier que les enfants sont capables de s'adapter à une situation nouvelle, ajoute Jean-Luc Aubert. Et les choses seront d'autant mieux acceptées que les parents prendront les choses le plus simplement et le moins dramatiquement possible."
Céline Hussonnois-Alaya