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Petits effectifs, distanciation: les pistes pour faire respecter les gestes barrières à l'école

L'école à la maison , semaine 1

L'école à la maison , semaine 1 - Magali Rangin

Enseignants et personnels de l'Education nationale devront veiller à ce que les jeunes enfants appliquent correctement les consignes sanitaires lorsque les établissements scolaires accueilleront à nouveau des élèves, à partir du 11 mai.

Les établissements scolaires rouvriront leurs portes "progressivement" à compter du 11 mai, a annoncé Emmanuel Macron lundi soir. Mais à cette date, la pandémie de coronavirus ne sera pas éradiquée et l'observation stricte des gestes barrières et de distanciation sociale sera toujours de mise pour freiner les contaminations. 

Lavages de main régulier, distances de sécurité… Ces consignes peuvent être fastidieuses à faire respecter par les plus petits. Pour l'heure, les modalités de cette reprise ne sont pas encore arrêtées, a indiqué à plusieurs reprises Jean-Michel Blanquer mardi. Des concertations doivent être menées à ces fins au cours de ces quinze prochains jours.

Petits effectifs

Plusieurs pistes pourraient être privilégiées, parmi lesquelles la mise en place de petits groupes, particulièrement pour les jeunes enfants. "La seule réponse pour les plus petits, c'est évidemment les petits groupes et c'est vers cela que nous irons", a indiqué le ministre de l'Education nationale mardi sur France 2. 

Des groupes de cinq élèves en maternelle et 10 en élémentaires pourraient être mis en place. Mardi également, sur BFMTV, Blanquer déclarait que l'obligation de porter un masque pourrait être envisagée. "C'est très possible", a précisé le ministre, mais cette décision n'a pas été à ce jour actée.

Les Danois ouvrent la marche

Au Danemark, après un mois loin des salles de classe à cause du coronavirus, les enfants sont les premiers Européens à avoir repris le chemin de l'école ce mercredi. Ils ne portent pas de masque, mais des mesures ont été prises, rapporte l'AFP. Dans chaque salle de classe, une distance de deux mètres doit être respectée entre les tables et des bouteilles de gel hydroalcoolique sont à proximité pour inciter au lavage des mains.

Les récréations devront être organisées en petits groupes. A Copenhague, le directeur de la Nørrebro Park Skole, Henrik Wilhelmsen, explique qu'ils ont recours aux "salles habituellement utilisées par les classes plus âgées qui suivent actuellement les cours de chez eux" car pour l'instant, seuls les écoliers reprennent les cours. Le quotidien The Local raconte comment, ce matin, des parents d'élèves danois faisaient la queue devant une école pour déposer à tour de rôle leur enfant afin de ne pas provoquer d'attroupement. 

Des modalités à définir

A l'heure actuelle dans l'Hexagone, malgré le confinement et la fermeture des établissements scolaires, certaines écoles sont restées ouvertes afin d'accueillir les enfants des soignants. Comme au Cannet (Alpes-Maritimes), où BFMTV s'est rendu. Là-bas, un système de gommettes colorées a été mis en place pour la vingtaine d'enfants accueillis.

Chacun se voit attribuer une gommette d'une couleur propre, et cette gommette est apposée à sa place, sur ses crayons de couleurs afin que l'enfant n'utilise que son matériel. Un lavabo a même été attribué à chaque enfant, marqué d'une gommette comme un feutre. Un jingle a été instauré pour rappeler le lavage régulier des mains, qui doit durer le temps d'une chanson.

Quand un atelier se déroule, chacun doit rester à un mètre, voire 1,50 mètre de distance les uns des autres. Et enfin, deux agentes de la ville sont mobilisées pour nettoyer après le passage des élèves. Ces mesures pourraient être des pistes pour le 11 mai prochain, mais seraient-elles applicables dans une école avec de plus gros effectifs?

Craintes du corps enseignant

Sur BFMTV ce mercredi matin, Marie-Hélène Plard, directrice d'école et secrétaire départementale du SNUipp-FSU de la Seine-Saint-Denis craignait que ce ne soit vain et que la mise en place de petits effectifs soit insuffisante pour faire respecter les gestes barrières.

Volontaire dans une école accueillant des enfants de soignants, l'enseignante témoigne que même en petits groupe, "on n'arrivait pas à maintenir toute la journée des distances de sécurité".

Clarisse Martin