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Des cours à l'extérieur pour limiter la diffusion du Covid: les exemples scandinaves et américains

Lundi, la maire de Paris, Anne Hidalgo, soucieuse à la fois d'éviter un confinement de la capitale et de limiter la diffusion du Covid-19 au sein de la population, a livré plusieurs propositions. Elle a notamment suggéré de faire classe en plein air, dans les parcs et les jardins. Ce principe s'applique déjà en Scandinavie, mais aussi aux États-Unis.

Anne Hidalgo a tenu une conférence de presse lundi, égrenant ses propositions pour éloigner l'ombre d'un nouveau confinement de Paris. La maire a ainsi soumis l'idée de faire cours aux élèves en plein air, dans les parcs et les jardins de sa ville. Diversement accueillie par les parents d'élèves rencontrés par BFMTV, la proposition fait écho à la tribune signée par des enseignants dans Le Monde au printemps dernier.

Pour inattendue qu'elle paraisse en France, l'idée n'est pas inédite. Ainsi, on peut la voir à l'oeuvre au Danemark, en Norvège et aux États-Unis.

Avant même la crise

En Europe du Nord, ainsi qu'en Allemagne, les activités scolaires de plein air sont traditionnellement plus courantes que dans l'Hexagone. Ainsi, dans cette étude datée de 2016, on peut lire que 18% des écoles publiques et privées danoises faisaient déjà cours hors les murs au mois une fois par semaine ou toutes les deux semaines.

Mais l'arrivée du Covid-19 et les conséquences sanitaires néfastes de la station prolongée dans un endroit clos - alors qu'on sait que les petites classes sont l'un des lieux où la contamination s'opère le plus aisément, se transmettant ensuite au foyer - a poussé à institutionnaliser ce qu'on connaît sous le nom de "Udeskole".

Du Danemark à la Norvège

Ainsi, en avril dernier, retrace ici le Washington Post, la Première ministre danoise Mette Fredriksen n'a pas hésité à encourager les écoles à multiplier les classes à l'extérieur.

Le mouvement fait tâche d'huile. Selon une enquête citée par le même quotidien américain et conduite auprès de 200 écoles norvégiennes, plus de la motié d'entre elles déclaraient avoir augmenté le nombre des leçons en plein air.

Et contrairement à ce que l'on pourrait imaginer un peu rapidement depuis notre pays, qui a certes un pied dans la Mer du Nord mais en a aussi un dans la Méditerranée, les températures le permettent. Ce mardi, il fait ainsi 13°C à Oslo, et s'il ne fera que 4°C à 6°C à Copenhague toute la semaine, la fraîcheur ne fait pas excessivement peur aux locaux. "On est habitués, et puis il s'agit de bien s'habiller", a ainsi évacué Rikke Ulk, membre d'une association de soutien à l'école de l'île de Samso au Washington Post.

Pastorale américaine

Et les élèves danois et norvégiens ne sont pas les seuls à mettre le nez dehors pour éviter les contagieux aérosols. Les États-Unis ont aussi décidé de lancer l'expérience. Le 24 août, le maire de la ville de New York a proposé aux écoles de la ville de soumettre à la municipalité une feuille de route consignant par écrit une formule leur permettant de faire cours dehors en toute sécurité. "On sait qu'être en plein air fait partie des choses qui marchent. Et ça ouvrira plein de possibilités", a ainsi affirmé l'élu.

D'après les chiffres du Département de l'Education relevés ici par le Gothamist, sur les 1600 établissements concernés, 798 ont vu leur formule être acceptée. En général, l'organisation est la suivante: les cours et les récréations ont lieu sur les terrains appartenant à l'école, dans les rues avoisinantes alors interdites à la circulation, comme le décrit ce témoignage publié sur Vox, ou éventuellement dans un parc voisin. Si New York est en pointe de cette initiative, celle-ci essaime dans plusieurs points du pays, comme le note ici le New York Times lui-même.

Le journal a d'ailleurs exhumé un souvenir ancien: au début du XXe siècle, et surtout autour de 1907, on avait voulu prévenir les ravages de la tuberculose chez les plus jeunes en leur enseignant leur leçon à l'air libre que ce soit à New York, Providence et dans le reste de la Nouvelle Angleterre. Comme quoi, l'épisode n'est décidément pas unique en son genre.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV