BFMTV

Cédric Villani recommande l'apprentissage des quatre opérations de base en maths dès le CP

Des élèves de CM2 écrivent une dictée en juin 2007 sous le préau de l'école primaire du Puits Picard, à Caen (photo d'illustration)

Des élèves de CM2 écrivent une dictée en juin 2007 sous le préau de l'école primaire du Puits Picard, à Caen (photo d'illustration) - Michèle Daniau-AFP

Dans le rapport remis ce lundi au ministre de l'Éducation nationale, Cédric Villani, député LaREM, et Charles Torossian formulent 21 propositions afin d'améliorer l'apprentissage des mathématiques. Parmi celles-ci, l'enseignement des quatre opérations de base dès le CP.

"Il est nécessaire d'apprendre les nombres et les quatre opérations en même temps le plus tôt possible dès le CP, explique Charles Torossian, inspecteur général de l'Éducation nationale, au Figaro. Cela a d'ailleurs très longtemps été pratiqué en France. C'est inutile d'attendre les classes suivantes. Nous nous inscrivons dans la continuité des programmes qui demandent de 'cultiver le sens des quatre opérations dès le CP'. Lorsqu'un enfant apprend le chiffre 6, il faut qu'il comprenne dans la foulée que 6 correspond à deux paquets de trois ou à trois paquets de deux."

L'inquiétude des enseignants

Jean-Michel Blanquer avait déjà souhaité, en septembre dernier, que l'addition, la soustraction, la multiplication et la division soient maîtrisées par les écoliers "au CP et au CE1". "Je m'insurge contre cette fausse bienveillance qui consiste à retarder sans arrêt les apprentissages", avait déclaré affirmé le ministre de l'Éducation nationale.

Cette déclaration avait suscité les inquiétudes des syndicats d'enseignants. Alice Ernoult, présidente de l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public, avait expliqué ses craintes. "Les enfants manipulent déjà les concepts sous-jacents aux quatre opérations dès la maternelle", indiquait-elle à BFMTV. "S'il s'agit de les maîtriser, cela nécessite du temps."

Pour Rémi Brissiaud, chercheur en psychologie cognitive à l'université Paris VIII, spécialiste de l'enseignement des mathématiques, une telle proposition est "incompréhensible" et surtout "irresponsable". "Pourquoi charger la barque à des enfants dont le programme est déjà lourd?" s'interrogeait-il sur BFMTV. "Il y a déjà un tel niveau de stress au CP avec l'apprentissage de la lecture."

C.H.A.