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Baccalauréat : le syndicat d'enseignants SNES-FSU dénonce des notes parfois "inventées"

Certains candidats dont les copies n'ont pas été rendues par les professeurs correcteurs grévistes ne connaissent pas encore les notes définitives de leurs épreuves du bac.

Les résultats du baccalauréat sont tombés ce matin pour les quelque 743.000 élèves de terminale qui passaient les épreuves cette année. Si la plupart des candidats ont eu leurs résultats définitifs, d'autres se sont vus attribuer des notes correspondant à leur moyenne de l'année dans une matière donnée. En cause? Une grève de certains correcteurs du baccalauréat, qui ont décidé de ne pas rendre les copies dont ils avaient la charge, pour protester contre la réforme du lycée et du baccalauréat de Jean-Michel Blanquer.

Dans ces cas, la consigne du ministère de l'Éducation était claire: s'il manquait une note dans une matière, elle serait remplacée sur le bulletin du baccalauréat par la moyenne obtenue par l'élève en contrôle continu dans cette même matière. Et si la note finale de l'épreuve en question s'avérait moins bonne, celle du contrôle continue serait conservée.

"Notes inventées" et "improvisation totale"

Une solution vivement critiquée sur l'antenne de BFMTV par Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe du syndicat d'enseignants du second degré SNES-FSU. Selon elle, non seulement attribuer les notes du contrôle continu aux élèves n'était pas acceptable, mais elles ont parfois été "inventées" de toutes pièces.

"Hier, c'était le K.O dans les jurys. Il y a des enseignants qui ont été expulsés de leurs jurys parce qu'ils refusaient de mettre des notes inventées dans les relevés des élèves parce qu'il y a des élèves qui n'ont pas de livret scolaire, il y avait des élèves qui n'ont pas de moyenne, et parfois, pour des raisons informatiques, les livrets n'étaient pas accessibles", a-t-elle déploré.

Contactée par BFMTV, Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU a donné l'exemple des personnes ayant passé le baccalauréat en candidats libres, qui ne disposent pas de livret scolaire et dont les notes ont pu être "inventées" si l'une de leurs copies n'avait pas été rendue par un correcteur.

"Ils (les membres des jurys, NDLR) ont regardé si le candidat avait passé d'autres matières et quelles notes il avait eu dans ces matières. Et ils ont fait une moyenne pour donner à peu près la même note. Ce qui ne correspond pas à grand chose, parce que vous pouvez être très bon dans une matière et mauvais dans une autre", a expliqué Frédérique Rolet.

La secrétaire générale du SNES-FSU a également souligné le cas bien particulier, à Toulouse, de notes de l'épreuve de sciences économiques et sociales ayant été "complètement inventées". 

"Comme il manquait des notes, on a dit à une secrétaire de mettre 10 à tout le monde. Donc là, pour le coup, on est vraiment dans l'improvisation, l'invention la plus totale."

L'égalité entre les élèves "mise à mal"

Si ces notes du contrôle contrôle continu ne seront remplacées par celles des épreuves du bac uniquement si ces dernières s'avèrent meilleures, le principal problème que pose cette solution selon Frédérique Rolet et Valérie Sipahimalani reste la rupture de l'égalité entre les élèves.

"L'égalité est très certainement mise à mal par le choix un petit peu surprenant qu'a fait le ministre. Nous, on demandait du dialogue. Lui, il préfère mettre des notes falsifiées aux élèves", juge la secrétaire générale adjointe du SNES-FSU. 

Selon Frédérique Rolet, le risque de recours de la part de parents qui estiment que leur enfant a été discriminé n'est pas exclu. "Des candidats vont aller à l'oral de contrôle (le rattrapage, NDLR) parce qu'avec la note du contrôle continu, ils sont entre 8 et 10, et que peut-être la note terminale aurait permis de ne pas y aller. On peut avoir la situation inverse", explique-t-elle.

Les oraux de rattrapage auront lieu jusqu'à mercredi prochain, le 10 juillet. Les copies manquantes devraient être rendues progressivement par les professeurs grévistes.

Juliette Mitoyen