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Bac 2018: Valentin a 14 ans, le QI d'Einstein, mais aucune affectation sur Parcoursup

Photo d'illustration

Photo d'illustration - Denis Charlet-AFP

Enfant précoce, Valentin Gobron est entré au lycée à 12 ans. Le jeune élève de terminale S n'a pourtant été accepté dans aucune classe préparatoire qu'il a demandées sur Parcoursup.

A 14 ans, Valentin est l'un des candidats les plus jeunes à passer le baccalauréat lundi 18 juin. En terminale scientifique au lycée Blaise-Pascal à Orsay, le jeune homme possède un quotient intellectuel extraordinaire : il s'élève à 158, soit presque celui d'Albert Einstein, évalué à 160.

Pourtant, le jeune homme, qui souhaite poursuivre ses études en classes préparatoires scientifiques, n'a eu aucune réponse positive sur ses cinq voeux formulés sur Parcoursup. "Je suis en attente au lycée Blaise-Pascal et au lycée Corot à Savigny-sur-Orge, mais je suis trop loin sur la liste pour espérer avoir une place", explique t-il. Pour ses parents et lui, c'est l'incompréhension.

"En novembre, Valentin a rencontré sa conseillère d'orientation. Celle-ci lui a expliqué qu'il n'était pas assez mature pour l'université et lui a conseillé de se tourner vers une classe prépa. Ainsi, il aurait deux ans supplémentaires pour mûrir et réfléchir à ce qu'il voulait faire", raconte son père Gilles Gobron, à BFMTV.com. "Le proviseur lui-même lui a mis un excellent commentaire sur sa fiche avenir (document qui permet aux chefs d'établissements de donner leur avis sur la capacité des élèves à réussir dans les formations demandées sur Parcoursup, NDLR)."

"C'est comme si on oubliait que mon fils avait un handicap"

Les notes de l'adolescent, comprises entre 9 en philo, 15 en maths et 16 en physique, seraient trop faibles selon Lionel Tarlet, directeur académique dans l’Essonne, interrogé par Le Parisien. "S’il n’a pas été accepté en classes préparatoires, c’est à cause de ses notes. Sa moyenne n’est que de 12, c’est insuffisant pour les intégrer. Cela n’a rien à voir avec Parcoursup." Une explication qui agace le père de l'élève. "C'est comme si on oubliait que mon fils souffrait d'un handicap!", témoigne t-il. "A aucun moment on ne prend en compte qu'il n'a que 14 ans."

Un parcours scolaire difficile

Valentin a été diagnostiqué précoce à l'âge de 8 ans. Il saute son CM2 et est pris en charge par le protocole pour les élèves intellectuellement précoces (EIP) de l'Essonne. "En 6ème, il suit la plupart des matières avec sa classe sauf les mathématiques, pour lesquelles il allait avec les classes de 5ème", raconte son père. Il saute finalement deux autres classes et se retrouve au lycée à 12 ans. "Il n'a jamais été question d'avoir le bac le plus tôt possible où d'avoir les meilleures notes", rappelle Gilles Gobron. "Valentin est un enfant spécifique, et lui faire sauter des classes devait lui permettre de s'épanouir à l'école", indique-t-il.

Au lycée, Valentin devait, par ailleurs, avoir un plan d'accompagnement particulier, un PAP. Comme beaucoup d'enfants précoces, il souffre en effet d'importants troubles de l'attention. Ses parents assurent qu'il n'a eu aucun suivi. "C'est comme si, jusqu'à maintenant, personne ne s'était rendu compte que c'était un enfant précoce", déplore encore son père.

Une lettre à Emmanuel Macron 

Pour faire entendre son histoire, Valentin a adressé un courrier à Emmanuel Macron et à la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. A ce jour il n'a obtenu aucune réponse.

En revanche, le député (LaREM) de sa circonscription, Cédric Villani, qui a reçu la médaille Fields, la plus haute distinction mondiale en mathématiques, a exprimé son soutien au jeune élève. "Il pourrait profiter de cette année pour se perfectionner, pour partir à l’étranger, émet-il comme idée. Il y a beaucoup de choses qu’il pourrait faire en complément. Reste à trouver la bonne formule", a t-il proposé.

Valentin et ses parents doivent par ailleurs rencontrer le proviseur de l'établissement le 27 juin prochain, après les épreuves du baccalauréat. Valentin se dit prêt à redoubler, afin d'avoir un meilleur dossier pour retenter sa chance l'année prochaine. 

Cyrielle Cabot