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Attaqué par des militants d'extrême-droite, le Lycée autogéré de Paris porte plainte

Image de l'entrée du Lycée autogéré de Paris (LAP), dans le 15ème arrondissement.

Image de l'entrée du Lycée autogéré de Paris (LAP), dans le 15ème arrondissement. - Capture d'écran Google steet view

Une dizaine d'individus dont certains armés de barres de fer ont pénétré dans cet établissement du 15ème arrondissement de la capitale le 16 mars dernier. Deux élèves ont été légèrement blessées.

Une semaine avant l'irruption dans la fac de Montpellier d'hommes cagoulés et violents, un autre incident similaire passé plus inaperçu a eu lieu dans un établissement parisien: le Lycée autogéré de Paris (LAP), situé dans le 15ème arrondissement de la capitale. Comme l'ont rapporté les équipes du lycée dans un communiqué publié sur Twitter, le vendredi 16 mars, une dizaine de militants d'extrême droite ont pénétré dans l'enceinte du lycée et ont agressé élèves et professeurs.

Insultes homophobes et barres de fer

D'après le communiqué, les individus en question se sont "réclamés du GUD" (Groupe union défense), un syndicat étudiant d'extrême-droite habitué des actions violentes.

"Ces individus, dont certains étaient armés de barres de fer, sont rentrés dans le jardin de l'établissement: ils ont alors effectué des saluts nazis, proféré des insultes (homophobes et autres)", écrit l'équipe du LAP, précisant qu'une vitre a été cassée par des projectiles et que deux élèves ont été légèrement blessées. 

D'après Les Inrocks, qui ont rencontré les élèves du lycée, ils étaient nombreux dans la cour de jour-là. Les grilles de l'établissement ne sont jamais fermées. D'après plusieurs témoignages recueillis, des fumigènes ont été lancés, accompagnant de nombreuses insultes ("sales gauchos", "tafioles"...) et une jeune fille de 19 ans a reçu un coup de barre de fer dans le genou.

Vêtus de noir et à visage découvert

Les militants, décrits comme vêtus de noir et à visage découvert, n'ont quitté les lieux que quand des élèves et professeurs sont sortis pour les faire fuir, mais certains sont restés un moment devant l'établissement, où une autre élève a été frappée au visage à travers la grille. 

"Ce qui est surprenant, c'est qu'ils soient rentrés à visages découverts. Comme s'ils pensaient qu'il n'allait rien se passer. Alors qu'ils s'attaquent quand même à un établissement public. C'est grave", s'étonne une professeure de l'établissement, citée par Les Inrocks, qui dit avoir été surprise de "leur âge et leur look".

D'autres attaques par le passé

Dans son communiqué, le lycée annonce avoir porté plainte et rappelle avoir été à plusieurs reprises la cible d'attaques et de plusieurs agressions de la part de militants d'extrême-droite, dont la dernière remontait au 8 décembre 2017.

"Les insultes et slogans criés ne laissent aucun doute quant à la volonté de ces individus de s'en prendre au Lycée autogéré pour ce qu'il représente: un espace de liberté et d'émancipation", peut-on lire aussi. "Ces agressions, aussi imbéciles que violentes, ne font que renforcer nos valeurs humaines pédagogiques et politiques", concluent les membres de l'établissement.
Charlie Vandekerkhove