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Ateliers "en non-mixité": "C'est très grave", dénonce Jean-Michel Blanquer

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, le 22 novembre 2017

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, le 22 novembre 2017 - BFMTV

Le ministre de l'Éducation nationale a évoqué sur BFMTV sa plainte contre le syndicat Sud Education 93 qui souhaite organiser des ateliers "en non-mixité" afin de dénoncer le "racisme d'État". Des polémiques "inutiles" et "inacceptables", estime Jean-Michel Blanquer.

"Inacceptable", selon Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l'Éducation nationale était ce mercredi l'invité de BFMTV. Il a évoqué ses deux plaintes, dont l'une pour diffamation, à l'encontre d'un syndicat, Sud Education 93, qui a prévu d'organiser mi-décembre des ateliers de formation destinés aux enseignants, dont deux se feront "en non-mixité". Selon le locataire de la rue de Grenelle, ces journées de formation conduisent à "discriminer les personnes en fonction de leurs origines".

"C'est évidemment très grave. On installe dans la société française, avec ce genre de choses, des logiques qui sont en dehors de la logique républicaine. Il était donc normal que je réagisse", s'est-il justifié sur BFMTV.

"Des polémiques totalement inutiles"

Sur son site, le syndicat minoritaire expliquait l'objectif de ces journées: "Programmes d'histoire servant le roman national (...) islamophobie et instrumentalisation de la laïcité: l'analyse du racisme d'État dans la société et en particulier dans l'Éducation nationale s'impose." Des termes que ne tolère pas Jean-Michel Blanquer. "Parler de racisme d'État de la part de l'Éducation nationale, rien n'est plus faux."

"L'Éducation nationale travaille considérablement à la lutte contre la discrimination, contre les inégalités. On ne peut pas employer comme ça des mots à la va-vite pour installer des polémiques totalement inutiles. Tout ceci est le fait d'un tout petit nombre de personnes et on pourrait se dire qu'il vaut mieux ne pas réagir. Mais à force de ne pas réagir, on laisse faire des choses inacceptables."

"On veut saper la vie en société"

Le ministre a ainsi appelé à "une forme de sursaut républicain". Jean-Michel Blanquer ne sait pas si le stage se tiendra comme prévu mais souhaite que le syndicat se désolidarise. "Si les choses allaient bien, le syndicat réaliserait son erreur et abandonnerait cette idée, ce serait la meilleure des solutions. C'est d'ailleurs l'appel que je lance." Il a rappelé la nécessité pour tous de "respecter les règles de la République". Et selon lui, parmi ces règles, "il y a le respect d'autrui".

"Au-delà de la dimension juridique, il y a une dimension de principe, une dimension fondamentale. Il y en a assez des gens qui essaient d'installer des formes de haine, d'installer des formes de polémiques permanentes, de querelles entre les gens. On veut saper la vie en société en décrivant les choses comme elles ne sont pas et en inversant les valeurs. On en arrive, au nom de l'antiracisme, à faire du racisme."

Céline Hussonnois-Alaya