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Apprentissage de la lecture: comment font nos voisins?

Les méthodes d'apprentissage de la lecture chez nos voisins

Les méthodes d'apprentissage de la lecture chez nos voisins - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Méthode syllabique, méthode globale, méthode mixte... Les formules utilisées pour apprendre aux enfants à lire diffèrent d'un pays à l'autre, avec une efficacité plus ou moins démontrée. Tour d'horizon.

Le constat n’est guère réjouissant. Les compétences en lecture et compréhension des écoliers français ont régressé depuis le début des années 2000, selon l’étude internationale Pirls réalisée dans 50 pays. Reléguée au 34e rang, La France se situe ainsi loin derrière la Russie, Singapour, Hong-Kong, l’Irlande et la Finlande, qui enregistrent les meilleures performances.

Les conclusions préoccupantes de cette étude ravivent l’éternel débat sur l’apprentissage de la lecture dans l’Hexagone. Celui-ci porte essentiellement sur une opposition entre deux approches pédagogiques, à savoir la méthode globale et la méthode syllabique.

Pour rappel, la méthode globale, popularisée dans les années 1970, consiste à faire mémoriser des mots en entier aux élèves. À l’inverse, la méthode syllabique s’appuie sur l’apprentissage de l’alphabet puis de la lecture des syllabes que forment les lettres combinées. Aujourd’hui, les deux méthodes sont employées par les enseignants français, bien que la syllabique l’emporte largement. D’ailleurs, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a déjà annoncé qu’il souhaitait voir l’abandon total de la méthode globale au profit de la méthode syllabique, plus "explicite", selon lui.

Avec les Pays-Bas, la France est le seul pays à voir les compétences de ses enfants en lecture régresser. Alors, quelles méthodes sont utilisées par nos voisins pour apprendre à leurs élèves à déchiffrer les textes?

Finlande

Reconnue à l’international pour son système éducatif performant, la Finlande compte logiquement parmi les pays ayant les meilleurs résultats dans l’apprentissage de la lecture. Là-bas, c’est la méthode syllabique qui est privilégiée, rappelle Le Parisien.

En outre, beaucoup d’enfants suivent un CP optionnel dès 6 ans alors que l’école obligatoire ne commence qu’à 7 ans. Si un élève n’est toujours pas apte à la lecture, il peut poursuivre son apprentissage en jardin d’enfants jusqu’à ses 8 ans. 

Royaume-Uni

Chez nos voisins britanniques, c’est la méthode syllabique pure, ou alphabétique, qui prévaut. En clair, les élèves sont amenés dans un premier temps à découper les mots en lettres plutôt qu’en syllabes.

Longtemps confrontés aux mêmes difficultés que les Français, les Britanniques ont réalisé d’importants progrès en matière d’apprentissage de la lecture depuis un vaste programme lancé en 2006, lequel a notamment instauré la méthode syllabique pure. Des mesures ont également été prises pour donner la priorité aux zones défavorisées. Aussi, l’organisation de l’enseignement de la lecture se fait désormais par groupes de niveaux et non par âge. Résultat, le Royaume-Uni, dixième au classement, a gagné neuf points dans l’étude Pirls entre 2011 et 2016.

  • Italie

De l’autre côté des Alpes, l’apprentissage de la lecture combine généralement la méthode syllabique et la méthode globale, comme dans certaines classes en France. Cette méthode, dite mixte, consiste à apprendre des mots globalement au début de l’année, avant de passer à la phonétique.

Toutefois, les écoles italiennes bénéficient d’une certaine autonomie et les enseignants sont libres de choisir la méthode qu’ils souhaitent. L’Italie se situe aujourd’hui à la 17e place au classement Pirls.

Allemagne

Outre-Rhin, c’est la méthode syllabique qui domine, bien que la méthode mixte soit également employée. Car, là encore, le contexte de forte décentralisation permet aux enseignants allemands de jouir d’une grande autonomie. L’Allemagne se classe 26e au classement Pirls.

Suisse

En Suisse romande, chaque canton est libre d'opter pour la formule de son choix en matière d'éducation. Mais la méthode syllabique reste là aussi la plus employée par les enseignants.

Néanmoins, les élèves suisses vont également se voir enseigner la méthode globale en mémorisant "en bloc" les mots les plus courants. On distingue alors la lecture "simple", censée être maîtrisée après 4 ans, de la lecture plus complexe, acquise plus tard. Celle-ci vise à apprendre aux élèves des sons identiques avec des orthographes différentes.

Japon

Le Japon adopte pour sa part une tout autre méthode, dite "naturelle". Celle-ci se fonde sur le rythme de l'enfant et ses connaissances. Ce sont les élèves qui proposent une phrase à leur enseignant. Ce dernier va l'inscrire au tableau pour la faire mémoriser à toute la classe, grâce à des exercices spécifiques. Les élèves japonais apprennent donc la lecture essentiellement en "recopiant et en répétant", souligne Le Parisien.

Paul Louis