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#Anti2010: comment les parents peuvent aider leurs enfants

Depuis plusieurs semaines, les collégiens nés en 2010 se font dénigrer sur les réseaux sociaux. Souvent pris de court par ce phénomène, les parents peuvent agir pour aider leurs enfants.

Le hashtag #Anti2010 cumule plus de 40 millions de vues sur les réseaux sociaux. Les élèves de 6e, nés en 2010 sont visés par cette campagne de dénigrement. Au point même que le ministre de l'Éducation nationale a publié une vidéo ce jeudi pour inciter les collégiens à la bienveillance. Un courrier a également été envoyé aux établissements scolaires pour alerter sur le phénomène.

Pris de court, les parents de ces élèves découvrent par leurs enfants l’ampleur du phénomène. Ils se retrouvent souvent démunis pour savoir comment aider leurs enfants à le surmonter.

Entre parents et enfants, différents usages des outils numériques

"C’est vrai que c’est compliqué parce qu’il y a un décalage générationnel au niveau de l’utilisation des outils numériques", reconnaît Margot Déage, docteure en sociologie, spécialiste de l’éducation et du numérique.

En effet, parents et enfants vivent dans deux mondes complètement séparés, que ce soit dans la vie courante ou la vie numérique. Dans cette dernière, les parents vont privilégier des réseaux sociaux comme Facebook, alors qu’aucun élève de 6e n'utilise cette plateforme.

Une étude menée par YouGov publiée le 7 septembre montrait que près de 41% des enfants âgés de 8 à 11 ans avaient un compte sur TikTok, Snapchat ou Instagram, même s’ils ne sont pas supposés être sur les réseaux sociaux avant 13 ans.

Comment les parents peuvent aider leurs enfants?

Margot Déage énumère plusieurs manières pour les parents d’agir sur la question. La première: rester ouvert à la discussion. Selon la docteure, "il y a beaucoup de parents qui rejettent les réseaux sociaux des jeunes parce qu’ils n’y comprennent rien", alors qu’il faudrait se dire que c’est "un mode de vie normal".

"À titre individuel, n’hésitez pas à rappeler à vos enfants qu’ils peuvent signaler les contenus qui les dérangent", poursuit Margot Déage. Elle souligne que souvent, il s’agit d’incitations à la haine ou à frapper des 2010. "TikTok réagit assez bien aux signalements", estime-t-elle.

Enfin, "si votre enfant est personnellement visé, vous pouvez appeler le 3018, qui est l’association e-Enfance, qui peut accompagner aussi vos enfants s’ils sont en difficulté ou en situation de harcèlement", conclut Margot Déage.

"Il ne faut pas qu'ils arrêtent de croire en eux"

Hugo Martinez, président de l'association HUGO! qui lutte contre le harcèlement scolaire, a quant à lui un conseil pour les élèves concernés:

"Ce qu'il faut rappeler, c'est que c'est quelque chose de temporaire. Le harcèlement et cette forme de harcèlement sont temporaires, il ne faut pas qu'ils arrêtent de croire en eux", assure-t-il sur BFMTV. "Malgré toutes ces menaces, toutes ces insultes, ils ont toute la légitimité d'être en 6e et de continuer leurs études et il ne faut pas qu'ils s'arrêtent."

Vient dans un second temps l'étape du dialogue, essentielle selon Hugo Martinez, qui explique que même si "ce n'est pas chose simple", cela passe par les parents, ou parfois un oncle une tante ou un ami. L'essentiel étant selon lui de réussir à évoquer la question, pour trouver des solutions.

"Là aujourd'hui d'en parler dans les médias, ça permet aussi aux parents d'être sensibilisés, parce que quand on parle de TikTok et de hashtags, ce ne sont pas forcément des mots qu'ils connaissent. Il faut en parler pour qu'ils comprennent concrètement comment ça fonctionne", détaille le président de l'association HUGO!.

Il rappelle également que bloquer, voire signaler les comptes qui harcèlent sur les réseaux sociaux peut être une solution. En essayant, si possible, de faire des captures d'écran en amont, qui se révéleront utiles en cas de possibles poursuites judiciaires.

Margot Hutton