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Anglais à l'université: un projet de loi polémique

Selon la ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso, "moins de 1% des cours" seront dispensés en langue étrangère à la faculté.

Selon la ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso, "moins de 1% des cours" seront dispensés en langue étrangère à la faculté. - -

Le projet de loi sur l'enseignement supérieur et la recherche de la ministre Geneviève Fioraso, qui divise la gauche, est débattu à l'Assemblée à partir de ce mercredi, sur fond de polémique et de manifestations syndicales.

To do it or not to do it? Telle est l’une des questions qui sera débattue à partir de ce mercredi à l’Assemblée à propos de l'article 2 du projet de loi sur l'enseignement supérieur, qui prévoit d'autoriser des cours en langue anglaise. Un texte qui cristallise déjà les réactions les plus vives. Plusieurs syndicats ont appelé à une grève et à des manifestations ce jour-là pour exiger le retrait de ce projet qu'ils jugent "inacceptable". Le point sur ce qui fait polémique.

> Que propose le projet de loi?

Même si de nombreux étudiants français ont déjà des cours en langue étrangère, l'article 2 du projet de loi sur l'enseignement supérieur, prévoit de les développer à l'université. L'objectif est de hisser la part des étudiants étrangers de 12 à 15% "à l'horizon 2020", a expliqué la ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso.

Pour rappel, la loi Toubon de 1994 stipule que la langue de l'enseignement est le français mais prévoit des exceptions.

Mardi dernier, en commission, les députés ont débattu quasiment toute la soirée cet article, retouchant légèrement le dispositif. L'enseignement ne pourra se faire que "partiellement" dans une langue étrangère et devra être assorti d'un apprentissage du français. Selon la ministre "moins de 1% des cours" seront dispensés en langue étrangère à la faculté.

> Pourquoi le texte fait polémique?

Cela fait maintenant plusieurs semaines que le projet d'enseigner des cours en langue étrangère, généralement en anglais, pour attirer davantage d'étudiants étrangers fait polémique.

L'Académie française a même demandé de retirer ce projet qui, selon les Immortels, marginalise la langue française. "Si nous laissons l'anglais s'introduire dans nos universités, si nous le laissons, seul, dire la science et le monde moderne, alors le français se mutilera et s'appauvrira. Il deviendra une langue banale, ou pire, une langue morte", s'est insurgé dans La Croix (édition abonné), Bernard Pivot, fortement opposé au projet.

Côté politique, on dénonce "le globish", version simplifiée d'une langue, à l'instar du député Jacques Myard (UMP) qui a interrogé la ministre de l'Enseignement en anglais, en allemand et en français aux questions d'actualité.

De son côté, le député socialiste Pouria Amirshahi (Français de l'étranger du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest), qui a mené la fronde au Palais Bourbon, rassemblant une quarantaine de députés PS, estime que ce texte est "un renoncement". Mercredi, il a prévenu que "si l'Assemblée décidait de le maintenir, (il) continuerai(t) à proposer, avec de nombreux parlementaires, des amendements supplémentaires afin de limiter le périmètre d'application de cet article".

Quant à la présidente du Front national, Marine Le Pen, celle-ci y voit le signe que la France se "coule dans le moule d'une mondialisation à l'anglo-saxonne".

> Qui va manifester?

Plusieurs syndicats, dont la FSU, et collectifs (Sauvons la Recherche, Sauvons l'université) ont appellé à une journée de grève et de manifestations mercredi pour réclamer le "retrait" du projet et critiquer un débat parlementaire "raccourci".

Le Snesup-FSU, premier syndicat du secteur, entend défendre "la richesse culturelle". "Ce n'est pas une coquetterie ou un combat d'arrière-garde de la communauté universitaire", a assuré Claudine Kahane, co-secrétaire générale.


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