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21 propositions pour faire aimer les mathématiques aux élèves

Cédric Villani, missionné par le ministre de l'Éducation nationale, remet ce lundi un rapport pour améliorer l'apprentissage des mathématiques. Parmi les propositions: renforcer le calcul mental ou encore enseigner les quatre opérations de base dès le CP.

Comment redonner le goût des mathématiques aux écoliers? Cédric Villani, député LREM de l'Essonne et lauréat de la médaille Fields, et Charles Torossian, inspecteur général de l'Éducation nationale, remettent ce lundi un rapport sur l'enseignement des mathématiques.

Calcul mental et méthodes pédagogiques alternatives

Comme le précise le ministère, Jean-Michel Blanquer avait demandé à la mission "d'établir un bilan des forces et des faiblesses actuelles", de "préciser les points de blocage et les leviers potentiels avant de formuler des propositions concrètes en s'inspirant des pratiques les plus concluantes et à la lumière des études internationales".

Le ministre de l'Éducation nationale, qui déclarait que "les mathématiques, c'est la vie", souhaite "donner cet appétit des mathématiques à tous les enfants". Parmi les 21 propositions du rapport, renforcer le calcul mental dès le CP mais aussi développer des méthodes pédagogiques alternatives qui se sont montrées positives à l'étranger, comme la méthode Singapour.

De la manipulation aux signes

C'est déjà le cas dans l'école Jacques Prévert de Nice. Dans cette classe de CP qui se compose de 12 élèves, depuis la rentrée, chaque séance de mathématiques commence par une histoire. Le problème posé, les élèves passent à la manipulation, avec des cubes aimantés. Le calcul devient ainsi un jeu d'enfant.

"J'aime bien avec les cubes, on peut enlever, on peut remettre", confie à BFMTV un petit garçon. "C'est facile parce que j'y arrive", ajoute une fillette.

Tout l'enjeu de la méthode Singapour est de passer progressivement du concret à l'abstrait. De la manipulation aux signes et aux chiffres. Les opérations sont abordées par couple. Par exemple: l'addition en même temps que la soustraction. Autre élément-clé: la verbalisation. À chaque étape, les élèves doivent expliquer ce qu'il font.

"Ils reviennent toujours sur comment ils ont fait, quelle est la procédure, quelle est la manière qu'ils ont utilisée pour y arriver. Et ça, ça les aide énormément", détaille pour BFMTV Gaétane Goffaux, professeure des écoles.

Former davantage les enseignants

"Un septième de la scolarité de nos élèves est consacré à cette discipline. On ne peut pas se satisfaire de ces résultats", regrettait Charles Torossian pour Le Journal du dimanche. "La situation est encore pire qu'on le croyait, poursuivait Cédric Villani. Mais il existe beaucoup d'initiatives, d'acteurs prêts à s'investir, il est possible de rebondir."

Comme l'avait évoqué Jean-Michel Blanquer, le rapport préconise également l'apprentissage des quatre opérations de base (addition, soustraction, multiplication, division) dès le CP. Ou encore de former davantage les enseignants, souvent issus des filières littéraires, aux mathématiques avec cinq fois plus de temps consacré à cette matière.

Les Français sont les plus mauvais élèves européens en mathématiques. Selon l'étude internationale Timss publiée fin 2016, les enfants en classe de CM1 sont les derniers de la classe européenne, derrière Chypre. Leurs résultats sont même en dessous de la moyenne internationale.

Pas mieux au collège, où le niveau recule d'année en année. Un élève de troisième sur cinq serait incapable de traiter un exercice plus difficile que le niveau de début du collège. Malgré leurs faibles résultats, ils aiment cette matière. Selon un sondage réalisé l'année dernière, 61% des Français ont bien aimé les mathématiques durant leur scolarité

Céline Hussonnois-Alaya avec Véronique Fèvre