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Dieudonné, l'interdire ou pas? Telle est la question

L'humoriste Dieudonné verra-t-il sa tournée, qui débute le 9 janvier 2014, annulée?

L'humoriste Dieudonné verra-t-il sa tournée, qui débute le 9 janvier 2014, annulée? - -

REVUE DE PRESSE - L'éventuelle interdiction des spectacles de Dieudonné suscite mardi des réactions mitigées. Si la presse la juge moralement juste, elle souligne sa fragilité sur le plan juridique et estime qu'elle pourrait même agir comme une "dangereuse caisse de résonance".

Interdire les spectacles de Dieudonné? Si le gouvernement est pour et a déjà envoyé aux préfets une circulaire en ce sens lundi, la presse est plus mitigée. Moralement juste mais juridiquement difficile à justifier, une interdiction des spectacles de Dieudonné pourrait même agir comme une "dangereuse caisse de résonance".

Un " combat osé mais louable"

Dans Libération, Eric Decouty estime que "Si Dieudonné use de la loi protectrice de 1881 sur la 'liberté de réunion', les textes sur l'incitation à la haine, sur l'injure ou la diffamation envers les Juifs doivent être appliqués sans relâche (et) le gouvernement doit (...) veiller à ce que les décisions de justice soient exercées immédiatement. Car si Dieudonné doit pouvoir continuer à faire le clown antisémite, il doit payer pour chacun de ses délits."

Dans les quotidiens régionaux, Yann Marec (Le Midi Libre) approuve la position du ministre de l'interieur Manuel Valls dont "le combat est osé mais louable (...) Il serait grave et dangereux qu'au prétexte que certains exploitent les failles d'une démocratie trop bienveillante, nous ne soyons pas davantage vigilants".

"Bousculer le droit aux entournures"

Mais, pour L'Est Républicain, Philippe Marcacci met en garde: "l'avocat du 'sinistre personnage' (dixit Manuel Valls) a prévenu: sûr de son droit (il a déjà gagné à plusieurs reprises), son client contestera en justice tout veto". D'autant, ajoute-t-il, que "le battage actuel joue comme une dangereuse caisse de résonance".

La Charente Libre, sous la plume de Jean-Louis Hervois, met aussi un bémol: "rien ne dit que les directives ministérielles réussiront là où les initiatives des maires ont échoué face au principe absolu de liberté d'expression". Mais il ajoute toutefois que "parce qu'elle est vulnérable, il arrive que la démocratie se grandisse en bousculant ainsi le droit aux entournures".

S. C. avec AFP