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Deux ans après la mort de Naomi Musenga, une formation obligatoire pour les régulateurs du Samu

En plus des connaissances classiques qu'ils doivent posséder en médecine et en anatomie, les ARM chargés de répondre aux appels de détresse de malades seront formés à l'écoute. Le but: éviter de nouveaux drames comme la mort de Naomi Musenga.

Il y a un peu moins de deux ans, la mort de Naomi Musenga avait créé l'émoi. La jeune femme de 22 ans n'avait pas été prise au sérieux par le Samu de Strasbourg, à qui elle avait passé un appel de détresse à cause des maux de ventre dont elle souffrait. Pire encore, elle avait été raillée par l'assistante de régulation médicale qui l'avait prise en charge. La jeune maman était morte quelques heures après son appel, le 29 décembre 2017.

Après ce drame, le gouvernement s'était alors engagé à mieux former les professionnels chargés de répondre au téléphone et d'orienter les malades. Ces assistants de régulation médicale doivent désormais suivre une formation obligatoire d'un an. Pour les premiers élèves qui ont fait leur rentrée ce lundi, ces 735 heures de cours et 735 heures de stage ont un objectif: limiter les défaillances humaines.

"Au bout du fil, c'est un patient. Pour cela, ils (les élèves, ndlr) doivent faire preuve d'empathie, d'écoute active, de hiérarchisation des informations, de reformulation", énumère à BFMTV Maria-Amelia Rodrigues, cadre-formateur pour les 38 jeunes bacheliers et personnes en reconversion professionnelle qui composent cette nouvelle formation en Ile-de-France.

Du relationnel en plus des connaissances médicales

En plus des connaissances classiques qu'ils doivent posséder en médecine et en anatomie, les élèves sont également formés à l'écoute, comme le raconte Valérie, aide-soignante souhaitant se reconvertir en assistante de régulation médicale: "On a beaucoup de choses à apprendre. Il y a, certes, le côté médical, mais il y a aussi le problème relationnel et psychologique."

Après leur année d'étude, ces assistants de régulation médicale en devenir obtiendront désormais un diplôme reconnu, là où la formation d'ARM n'était auparavant pas harmonisée au niveau national. En tout, dix centres agréés formeront 400 personnes par an.

Juliette Mitoyen