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Des ONG boycottent le G7, l'Élysée leur accorde finalement l'accès au centre de presse

Le Réseau action climat (RAC), qui réunit 32 associations nationales et locales, a indiqué qu'il boycotterait le G7 à Biarritz, affirmant que les "conditions d'une participation effective de la société civile ne sont pas réunies". L'Élysée a finalement décidé d'accorder l'accès au centre de presse aux représentants des ONG, ce qui n'était pas prévu au départ.

Des ONG réunies au sein du Réseau action climat (RAC) ont annoncé ce jeudi qu'elles boycotteraient le G7 à Biarritz, dénonçant la décision de l'Élysée de proposer un nombre réduit d'accréditations et de ne pas leur donner accès au sommet. Face à ces protestations, la présidence a finalement décidé d'accorder l'accès au centre de presse aux représentants des ONG, ce jeudi après-midi. 

L'Élysée a précisé à BFMTV "qu'il n'y a aucune volonté de mettre les ONG à l’écart". 

"Au contraire, une salle de travail comportant 25 places était prévue et installée au plus près du sommet pour permettre aux sherpas des différentes délégations de pouvoir échanger avec les ONG durant le sommet. Une proximité inédite dans un G7. [...] Les ONG auront donc accès à la salle de presse comme les journalistes mais aussi à la salle de travail initialement prévue", a-t-elle ajouté. 

Une journée "de dialogue" avec des représentants de la société civile se tient également vendredi, de 10H00 à 18H00, à l'Élysée où les rencontres vont se succéder pour discuter de l'égalité hommes-femmes, de la lutte contre les inégalités ou de la protection du climat, qui sont les principaux thèmes mis en avant par la France pour le G7. Emmanuel Macron y participera pour "recueillir les recommandations" de ces acteurs et "concrétiser le lancement d'un certain nombre d'initiatives", a précisé l'Élysée.

"Une décision qui va entraver notre travail"

Le RAC, qui fédère 32 associations nationales et locales, dont Alternatiba, France nature environnement, Greenpeace, la Ligue pour la protection des oiseaux, le Secours catholique, WWF et Oxfam France, n'a pas encore réagi à l'annonce de l'Élysée.

Plus tôt dans l'après-midi, Lucile Dufour, membre du RAC, expliquait sur notre antenne que son association s'est "impliqu[ée] pendant un an à la préparation de ce G7 mais que les conditions d'une participation effective de la société civile ne sont pas réunies aujourd'hui". 

"Le gouvernement n'a daigné nous accorder un quotas que de 25 accréditations, alors que dans les sommets du G7, généralement, on est plutôt une centaine de personnes présentes. Les ONG n'auront accès ni au sommet, ni au centre de presse, comme c'est la pratique depuis plus de dix ans. On est vraiment dans une décision qui va entraver notre travail et c'est pourquoi nous n'irons pas au sommet ce week-end", dénonçait-elle alors. 

La directrice générale d'Oxfam France, Cécile Duflot, avait également fait part de son incrédulité, mardi, sur Twitter. 

Les membres du Réseau action climat considèrent que le "G7 doit être le moment d'une prise d'adoptions de mesures et de politiques drastiquement plus ambitieuses pour limiter le réchauffement à 1,5°C", selon Lucile Dufour. En particulier parce que "les pays du G7 sont les plus responsables de la crise climatique comme ils représentent 20% des émissions mondiales de CO2".

Le G7, qui réunit l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon, le Royaume Unis, se tiendra à Biarritz du 24 au 26 août, avec comme ambition de "lutter contre les inégalités". Un contre-sommet a débuté mercredi à Irun (Espagne) et Hendaye (France) pour dénoncer un G7 que des ONG jugent "bunkerisé".

Jérémy Brossard avec Clément Boutin et AFP