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Le sommet du G7 sert-il encore à quelque chose?

Les membres du G7 se retrouvent ce week-end à Biarritz au Pays basque. -

Les membres du G7 se retrouvent ce week-end à Biarritz au Pays basque. - - Iroz GAIZKA / AFP

De samedi à lundi se réunissent à Biarritz les chefs d'Etat de sept grandes puissances occidentales. Mais ce sommet régulièrement critiqué et qui tend à s'essouffler a-t-il encore une réelle utilité?

Le G7, groupe de discussions et de tractations économiques qui met en relation la plupart des pays-moteurs du marché planétaire et de la communauté internationale, se réunit cette année à Biarritz du 24 août au 26 août pour échanger sur un thème particulier: la lutte contre les inégalités.

Une rencontre sous haute sécurité, qui mobilisera plus de 13.200 gendarmes et policiers et qui verra également la commune basque accueillir 5000 délégués et journalistes. Trois jours pour lesquels le coût est estimé à 36,4 millions d'euros.

Effets restreints et ancien monde

Seulement voilà, ce format de sommet ne semble plus convaincre et son utilité est régulièrement remise en cause. D'autant plus que cette année le programme s'annonce un peu différent. Ce G7 de Biarritz pourrait en effet s'achever sans communiqué commun des pays membres - pourtant habituel au même titre que la traditionnelle photo de famille.

Le sommet ne serait donc pas conclu par l'énonciation des différents défis à relever. N'en déplaise visiblement à Emmanuel Macron, qui a jugé que "ces communiqués que personne ne lit sont le résultat d'interminables chicayas bureaucratiques entre Etats profonds et pays membres". Certes, mais en leur absence, quel bilan tirer de cette rencontre? Et d'ailleurs quels souvenirs garde le grand public des sommets passés et de leurs éventuels résultats? 

Pour les officiels, le G7 est surtout un moyen de développer des relations bilatérales, de permettre aux chefs d'Etat d'échanger voire même d'avoir des relations plus amicales. Ce qui, en cas de crise diplomatique, peut s'avérer utile. Quant aux thématiques abordées, elles sont jugées centrales et cruciales mais sont en réalité choisies pour leur consensualité et rares sont les effets concrets qui s'en suivent.

Autre souci majeur du G7, la fin du multilatéralisme. Si ce sommet fonctionnait à l'époque où les relations multilatérales étaient privilégiées, ce n'est désormais plus le cas que pour le Canada, le Japon et la France.

Tournés vers le G20

Et de fait, depuis l'exclusion de la Russie en 2014 en marge de la crise ukrainienne ou l'exception de la Chine qui reste grande absente, ces sept pays censés représenter le monde ne sont plus dans la temporalité du moment. Les regards sont désormais plutôt tournés vers le G20 et ses nouvelles puissances économiques comme la Chine justement, l'Inde ou encore le Brésil.

Pour redonner un nouveau souffle au sommet, Emmanuel Macron a d'ailleurs annoncé un G7 de Biarritz au format renouvelé. Quatre "grands partenaires" - l'Afrique du Sud, l'Australie, le Chili et l'Inde - et quatre pays africains - le Rwanda, le Sénégal, le Burkina Faso et l'Egypte - ayant d'après l'Elysée "un rôle moteur sur le continent" y seront associés.

Le club des 7 ne serait-il plus ce qu'il était et aurait-il perdu de l'influence? Quant à la thématique de cette année sur la lutte contre les inégalités, pas certain qu'elle apaise les critiques. L'ONG Oxfam a affirmé ce jeudi, à deux jours de l'ouverture du sommet, que le G7 favorise les inégalités. Elle assure que ce groupement des économies les plus avancées de la planète "ne parvient pas à prendre des mesures concluantes pour combler le fossé entre riches et pauvres". L'ONG réclame notamment "des plans concrets avec une date butoir claire".

Manon Fossat