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A quoi ça sert? Qui participe? Le sommet du G7 en cinq questions

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - IROZ GAIZKA / AFP

Le G7 se rassemble de samedi à lundi à Biarritz. A quoi sert-il? Qui réunit-il? Pourquoi la Russie en est-elle absente? Comment les villes organisatrices sont-elles sélectionnées? Quand a été lancée la première édition? BFMTV.com répond ce mardi à toutes ces questions.

Biarritz est donc la ville-hôte des débats du G7 pour cette 45e édition. De samedi à dimanche, les principaux dirigeants mondiaux doivent en effet discuter des affaires de la planète dans la commune basque, et sous haute sécurité. Les enjeux sont nombreux autour de cette réunion internationale qui va également attirer ses détracteurs dont certains se se rassemblent déjà dans les environs pour s'associer en un contre-sommet. En quelques questions, BFMTV.com décortique pour vous l'organisation de ce grand rendez-vous. 

  • A quoi ça sert? 

Le G7 est un groupe de discussions et tractations économiques, mettant en relation la plupart des pays-moteurs du marché planétaire et de la communauté internationale. 

Ces réunions sont consacrées à un thème directeur. Ainsi, les trois journées biarrotes verront les leaders politiques échanger leurs vues au sujet des inégalités qui fracturent le monde. 

  • Quels sont les participants? 

En premier lieu, l'événement installe autour d'une même table les représentants et émissaires des membres du G7 stricto sensu à savoir: l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni, soit les plus importantes puissances mondiales, aux PIB les plus fournis à l'exception notable de la Chine, mais aussi de la Russie (expulsée de ce qui était alors du G8 il y a cinq ans maintenant).

Souhaitant "renouveler le format" du groupe comme le dit la communication élyséenne, la présidence de la République a également convié des invités situés en-dehors de ce premier cercle: on retrouvera donc des figures de l'Inde, de l'Afrique du sud, du Burkina Faso, de l'Egypte, du Sénégal, du Rwanda, de l'Australie, du Chili. 

  • Pourquoi la Russie a-t-elle été éjectée? 

La réponse en est simple. Alors que la crise ukrainienne avait continué d'exacerber les tensions entre Washington, ses alliés et le Kremlin, l'entrée des Russes en Crimée et l'annexion après référendum de la région, qui avait historiquement été une province de l'empire russe puis de l'Union soviétique avant d'être cédée par Nikita Krouchtchev à la République socialiste soviétique d'Ukraine comprise au sein de l'URSS, avaient achevé de consommer le divorce. Parmi d'autres sanctions, l'éviction de la Russie du G8 avait revêtu une forte tonalité symbolique. 

Ce n'est cependant pas la première fois que l'institution se tient sur moins de huit jambes. A dire vrai, pendant la majeure partie de son histoire, il en était même ainsi. Au lancement du groupe dans les années 70, on parlait ainsi du G6, à savoir: la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l'Allemagne et l'Italie. Dès la seconde rencontre annuelle, le Canada rejoignait la danse. Ce G7 s'est élargi à la Russie en 1997. 

  • Comment sont choisies les villes organisatrices? 

San Juan, Londres, Tokyo, Montebello, Houston ou Puteaux, les villes que le G7 a traversées sur sa route et son histoire semblent ne pas avoir grand-chose en commun. Mais d'après notre éditorialiste politique, Christophe Barbier, ce mardi sur notre antenne, la montée de la contestation de ce club de nantis auquel le G7 peut parfois ressembler a poussé les organisateurs à adopter un schéma plus précis pendant une quinzaine d'années: "Depuis le G8 de 2001 à Gênes, le principal risque c’est le contre-sommet, les black blocs, les contestataires anticapitalistes, c’est ceux-là que l’on craint. D’ailleurs à Gênes à l’époque, on avait décidé de ne plus organiser ces G7, G8, dans des grandes villes mais d’aller plutôt dans des endroits reculés, charmants, mais isolés plus difficiles à rejoindre pour les manifestants."

Un schéma dans lequel Biarritz, ville certes moyenne mais bien intégrée dans un réseau urbain, ne se coule pas vraiment. 

  • D'où vient le G7 ? 

Le premier G7, ou plutôt G6 car il n'était pas encore question de rallier l'Union soviétique ni même le Canada, s'est déroulé les 15, 16, 17 juillet au château de Rambouillet. Si la France s'est retrouvée à mettre sur pied cette première mouture, c'est qu'elle est à l'initiative de l'événement. En effet, comme le soulignait ici Le Parisien, le 31 juillet 1975, le président Valéry Giscard d'Estaing, en accord avec le chancelier allemand Helmut Schmidt, avait soufflé à l'oreille du président américain Gerald Ford lors d'un sommet à Helsinki l'idée de converser du cours de l'économie mondiale entre gros bonnets. 

Le geste prenait la suite de la réunion informelle qui réunissait depuis le début des années 70 un mouchoir de poche de dirigeants internationaux dans la bibliothèque de la Maison Blanche et était, pour cette raison, surnommé le "Library Group". Le choc pétrolier et la crise économique consécutive avaient entraîné "VGE" à passer la vitesse supérieure avec ses partenaires. 

Robin Verner