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Annexion de la Crimée: Poutine était prêt à une confrontation nucléaire

Vladimir Poutine à Moscou, le 5 mars 2015.

Vladimir Poutine à Moscou, le 5 mars 2015. - Sergei Karpukhin - AFP

Dans un documentaire diffusé dimanche à la télévision russe, Vladimir Poutine a expliqué qu'il avait été prêt à mettre en place une confrontation nucléaire en mars 2014, si les Occidentaux étaient intervenus en Crimée.

Poutine a, un temps, envisagé la confrontation nucléaire sur la Crimée. Dans une émission diffusée dimanche à la télévision russe, le président russe indique que son pays était "prêt" à mettre en état d'alerte ses forces nucléaires en mars 2014, en cas d'intervention militaire occidentale en Crimée, la péninsule ukrainienne annexée il y a un an par Moscou

"Nous étions prêts à le faire", dit Vladimir Poutine dont des déclarations ont été reproduites par écrit par la chaîne publique de télévision Rossia 1 avant la diffusion du documentaire dimanche soir. La direction russe était prête à faire face "à la tournure la plus défavorable qu'auraient pu prendre les événements", ajoute Vladimir Poutine.

Transfert de batteries de missiles

Il indique notamment que l'armée russe avait positionné en Crimée des batteries de missiles de défense côtière "Bastion", des armes susceptibles de dissuader un navire de guerre américain qui était alors en mer Noire d'intervenir.

"C'est la batterie de défense côtière la plus efficace à ce jour. Et à un certain moment, pour que tout le monde comprenne que la Crimée est bien défendue, nous avons transféré là-bas ces batteries", déclare-t-il.

"Position franche et ouverte"

"On ignorait alors" si l'Occident allait intervenir militairement, poursuit Vladimir Poutine dans ces déclarations. "C'est pourquoi j'ai été obligé de donner les instructions qu'il fallait à nos forces armées (...), de donner des ordres sur l'attitude de la Russie et de nos forces armées en toutes circonstances", dit-il aussi.

"J'ai parlé avec mes collègues (occidentaux, NDLR) et je leur ai dit que c'était notre territoire historique, que des Russes habitaient là-bas, qu'ils étaient en danger et que nous ne pouvions pas les abandonner", raconte le président russe. "C'était une position franche et ouverte. Et c'est pourquoi, je ne pense pas que quelqu'un ait eu envie de déclencher un conflit mondial", ajoute-t-il.

Le tournage de ce documentaire de près de trois heures a pris huit mois, selon la chaîne, qui ne précise pas la date d'enregistrement de l'entretien avec le président russe, dont l'absence dans la vie publique depuis le 5 mars a provoqué toutes sortes de conjectures sur son état de santé.

A.S. avec AFP