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De Marseille à Saint-Malo, nouveau samedi de mobilisation des gilets jaunes

Des gilets jaunes à Marseille

Des gilets jaunes à Marseille - Image d'illustration CLEMENT MAHOUDEAU /AFP

Ce samedi quelques centaines de manifestants sont rassemblés sur le Vieux-Port de Marseille pour la 32e journée de mobilisation.

Des gilets jaunes se sont à nouveau rassemblés ce samedi, souvent par dizaines dans des centres-villes ou à des barrières de péage, parfois par centaines comme à Bordeaux ou Marseille, où un appel national avait été lancé.

A Marseille, quelque 500 à 600 gilets jaunes ont défilé depuis le Vieux-Port, encadrés par des forces de l'ordre plus visibles et nombreuses que les samedis précédents.

Le cortège a défilé sans heurt majeur, et à 17H00, la police faisait état de 12 interpellations, dont quatre pour des jets de projectiles, et huit de personnes ayant le visage masqué et casquées. "C'était soi-disant un gros rassemblement national, mais il n'y a pas beaucoup de monde", a regretté Claire Johnson, venue de Simiane-la-Rotonde dans les Alpes-de-Haute-Provence, et habituée aux rassemblements marseillais.

"On manque de bras"

"On avait un peu levé le pied, et là on est revenus. On n'a rien contre les riches, mais le partage doit se faire", a ajouté cette retraitée de 63 ans, aux côtés de son mari Paul. Cette assistante maternelle ne touche que 1000 euros de pension mais explique devoir payer 1400 euros de loyer et être contrainte de continuer à faire des heures.

"Il y a eu un appel national" à Marseille, "mais là, je crois qu'il est aux oubliettes", a déploré de son côté Mickaël Mazzonella, un habitant des quartiers nord de Marseille venu manifester avec son grand-père Jean-Pierre.

"On résiste, mais on manque de bras. Les gens en ont marre de se faire gazer et taper sur la gueule", a poursuivi ce jeune de 28 ans, qui a expliqué ne pas trouver d'emploi malgré deux CAP, de ferronnerie et de cuisine. "J'ai fait 68, je fais les gilets jaunes, mais ce sera le dernier !", a ajouté son grand-père.

Derrière les gilets jaunes, quelques dizaines de militants, dont le patron de la centrale syndicale dans les Bouches-du-Rhône, Olivier Mateu, ont défilé. "La persistance des manifestations, c'est l'illustration du décalage entre les politiques, leurs annonces et le ressenti réel. La vie chère, c'est une réalité pour tous", a-t-il expliqué.

Un gilet jaune blessé en Moselle

Parmi les autres rassemblements en France, une centaine de gilets jaunes a rejoint la manifestation de soutien aux salariés de General Electric à Belfort.

Ils étaient quelques centaines à Toulouse, une mobilisation faible pour cette ville, plus de 200 à Lille selon une source policière, plusieurs dizaines à Avranches (Manche) et plusieurs centaines à Charleville-Mézières (Ardennes), où un appel national avait également circulé sur les réseaux sociaux.

La mobilisation a connu un petit sursaut à Bordeaux, avec 750 gilets jaunes selon la préfecture, dans une ambiance bon enfant, bien que la plupart aient emprunté un itinéraire non autorisé dans les rues du centre historique.

Dans plusieurs départements comme l'Hérault (200 manifestants au total dans ce département), des rassemblements ont aussi eu lieu sur des ronds-points ou des barrières de péage, des "gilets jaunes" tentant des opérations péage gratuit.

Dans le quart nord-ouest, 40 à 50 gilets jaunes ont créé des bouchons en bloquant le port de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Le trafic des ferries a été perturbé et ils ont été évacués en fin de matinée. 

Le matin, un gilet jaune avait été légèrement blessé par un automobiliste qui avait forcé un barrage sur un rond-point de Saint-Avold (Moselle), selon la police. L'automobiliste, âgé d'une quarantaine d'années, a été placé en garde à vue.

Manon Fossat avec AFP