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Crème solaire, vêtements... Comment protéger sa peau du soleil sans nuire à l'environnement?

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- - dimitrisvetsikas1969 / Pixabay

Il n'est pas toujours aisé d'allier l'impératif de protection au respect de l'environnement lorsque l'on veut se prémunir du soleil. L'achat d'une crème solaire par exemple, peut se révéler être un casse-tête.

Pour les vacanciers -ou les personnes fréquemment exposées au soleil- soucieux de l'environnement, protéger sa peau sans abîmer la planète peut tourner au pensum. Le choix d'une crème solaire efficace et écologique, par exemple, est loin d'être aisé. Ce point n'est pourtant pas à négliger, tant au niveau de la santé que de la pollution des fonds marins.

Si la nécessité de protéger sa peau du soleil n'est plus à démontrer, celle de la nocivité de certains composants de ces produits l'est tout autant. Si bien qu'en 2018, l'État de Hawaï a pris la décision d'interdire les lotions contenant de l'oxybenzone et de l'octinoxate à partir de 2021 pour préserver son écosystème et notamment les coraux environnants. "25.000 tonnes de crème solaire sont utilisées chaque année dans le monde, soit 0,8 litre chaque seconde", notait en 2018 auprès de 20 Minutes Nicolas Imbert, directeur de l'ONG Green Cross France.

Traquer la composition des produits solaires

Bio, naturel, chimique ou minéral... Passer au peigne fin la liste des ingrédients des produits solaires peut être fastidieux. Certains outils permettent d'y voir plus clair. De plus en plus de cosmétiques mentionnent, au côté du prix du produit, un label donnant des indications sur la qualité et la nature de la lotion. Parmi ces appellations, aux différents pictogrammes et cahiers des charges précis en termes de quantités d'ingrédients naturels ou issus de l'agriculture biologique, figurent les labels "cosmétique biologique" et "cosmétique écologique" de l'organisme Ecocert. L'organisme Cosmebio propose également ces deux labels, avec un cahier des charges impliquant sensiblement les mêmes exigences. 

Dans l'exemple d'Ecocert, ses deux labels sont attribués à des produits fabriqués à partir de 95% minimum d'ingrédients naturels ou d'origine naturelle. Le label "cosmétique biologique" nécessite que 95% des composants végétaux de la formule sont issus de l'agriculture biologique et que 10% du total des ingrédients sont issus de cette même agriculture. Pour le label "cosmétique écologique", c'est 50% des ingrédients végétaux qui doivent être issus de l'agriculture biologique et 5% a minima du total. En 2018, l'agence nationale Santé Publique France notait toutefois que seuls 4 Français sur 10 se protégeaient à l'aide d'une crème solaire.

Aucun produit solaire n'est complètement inoffensif

L'UFC-Que Choisir met néanmoins en garde les consommateurs vis-à-vis des crèmes solaires bio: "On a longtemps cru que les produits bio prenaient l'avantage concernant la préservation de l'environnement marin. En effet, les filtres chimiques, relargués dans la mer lorsque nous nous baignons, sont très toxiques pour les algues dont dépend la survie des coraux. (...) L'idée que les filtres physiques utilisés dans les produits bio (dioxyde de titane et oxyde de zinc) ne provoquaient pas ce phénomène a longtemps prévalu. Malheureusement, certaines études montrent qu’ils en sont bel et bien capables."

Des alternatives à la crème solaire

Les produits à appliquer sur sa peau ne sont pas la panacée contre les rayons ultraviolets, mais sont certainement les plus polluants. D'autres moyens existent et eux ne coûtent presque rien. Ainsi, le Syndicat national des dermatologues-vénéréologues formule dix recommandations pour se protéger du soleil. Parmi lesquelles, quelques principes de base: éviter l'exposition entre midi et 16 heures par exemple, et surtout que "la meilleure protection solaire est vestimentaire". Ainsi, chapeau, tee-shirt et lunettes de soleil sont les meilleurs alliés face aux rayons de l'astre. Et surtout, souligne le syndicat de médecins: "Le protecteur solaire n'est pas destiné à augmenter votre temps d'exposition."

Clarisse Martin