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Crash de l'A320 : le procureur de Marseille s'en prend au BEA

A droite, Brice Robin, procureur de la République au TGI de Marseille, mène l'enquête judiciaire sur le crash de l'A320 de Germanwings.

A droite, Brice Robin, procureur de la République au TGI de Marseille, mène l'enquête judiciaire sur le crash de l'A320 de Germanwings. - BORIS HORVAT / AFP

"Les éléments m'ont été transmis trop tardivement". Brice Robin, procureur de la République, a critiqué l'action du Bureau d'enquêtes et d'analyses sur le crash de l'A320 à Seyne-les-Alpes. Il estime que l'autorité française d'enquête sur les accidents aériens lui a communiqué les informations dans des délais trop longs.

Le procureur de la République du TGI de Marseille tacle le BEA. Lors de son point presse pour livrer le récit des dernières minutes de vol de l'avion A320 de Germanwings, Brice Robin n'a pas hésité à égratigner le Bureau d'enquêtes et d'analyses. Lors de ce rendez-vous face aux journalistes, il a livré les premiers enseignements de l'enquête "portés à ma connaissance, et pour certains d'entre eux trop tardivement à mon goût", a-t-il précisé.

Ajoutant, "en début ou en milieu de nuit". Relancé par la presse sur l'attitude de l'autorité française d'enquête sur les accidents aériens, il n'a pas souhaité en dire davantage, répétant cependant qu'il estimait "avoir reçu trop tardivement les informations".

Un silence au service des politiques, selon un spécialiste

Ce jeudi, sur BFMTV, Michel Polacco, spécialiste des questions aéronautiques, avait déploré que le BEA fasse de la rétention d'informations. "Malheureusement, c'est devenu habituel", regrette-t-il. "On a pu voir ça sur les dernières grandes catastrophes qui ont été traitées en France. On a une fâcheuse tendance à retenir l'information, et vous savez que l'information ça ne se retient pas".

Michel Polacco estime qu'on "est dans un système un peu bizarre où le système de fonctionnaires du BEA, qui dépend du ministère des Transports, est toujours incité à en dire un minimum pour pouvoir laisser la place aux politiques qui de leur côté peuvent s'exprimer". Il s'en prend plus particulièrement à la conférence de presse du Bureau d'enquêtes et d'analyses de mercredi où son représentant s'est montré particulièrement peu loquace. "Une véritable farce", juge-t-il. 

Lors de ce point-presse, retardé d'une heure pour ne pas se chevaucher avec les discours de François Hollande et Angela Merkel, les réponses du directeur du BEA , Rémi Jouty, ont été très évasives.

I. V.