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Avec "Le Nombre Jaune", les gilets jaunes veulent compter leurs manifestants 

Un collectif de gilets jaunes a ouvert une page Facebook sur laquelle ils proposent un décompte des manifestants. Avec pour objectif d'opposer leurs chiffres à ceux du ministère de l'Intérieur.

A la veille du dixième samedi de mobilisation des gilets jaunes, les manifestants comptent bien reprendre la main sur les chiffres de participation. Pour ce faire, quatre gilets jaunes de la première heure ont créé la page Facebook "Le Nombre Jaune" dont le slogan, "En hommage au professeur d'arithmétique de Christophe Castaner", annonce directement la couleur. 

"Les grands médias relaient ces chiffres sans les vérifier ni les discuter, malgré l’évidence face aux vidéos et photos de nos concitoyens. Ces mêmes médias qui avouent n’avoir que ces chiffres de l’Intérieur à communiquer..." peut-on lire en guise de présentation.

Alors, les créateurs se fixent pour objectif, via un travail "pragmatique et impartial", de "référencer et comptabiliser les personnes présentes sur les manifestations."

Référents sur le terrain

Pour ce, "Le Nombre Jaune" compte sur la participation de référents, présents sur le terrain.

"On a des personnes qui sont intéressées par le projet, qui prennent des vidéos, qui balaient toute la rue et qui font un comptage précis, certains avec des compteurs, d’autres avec des bouchons de bouteilles, des méthodes un peu artisanales" explique l'un des créateurs, Joris Nioré, 

Pour lui, l'important est surtout de rétablir la vérité quant à la mobilisation. "On se rendait compte que les chiffres annoncés par l’intérieur ne correspondaient pas à ce que l’on voyait sur les manifestations. Du coup on s’est posé la question de pourquoi les chiffres étaient faussés ou manipulés et on s’est lancés dans ce petit projet" affirme-t-il encore. 

"Marges d’erreur de 200%, 300%"

Si les administrateurs du "Nombre Jaune" ont soif de vérité, leurs méthodes sont remises en question par certains experts. C'est le cas d'Assaël Adary, président du cabinet Occurrence, spécialisé dans le comptage. Pour lui, une manifestation est "un gruyère, on n'a pas de lignes bien faites."

"Ce système de compter les colonnes ou les individus, sincèrement, c’est très très faux, il y a parfois des marges d’erreur de 200%, 300%" tacle-t-il encore. 

Samedi à l'issue de la nouvelle journée de manifestations, nul doute que les chiffres avancés par le ministère de l'Intérieur seront tancés par ceux de ce nouveau collectif.

La semaine passée, selon les chiffres officiels, 84.000 personnes s'étaient réunies sur l'ensemble du territoire
Hugo Septier