BFMTV

Attentat de Nice: un hommage national aux victimes aura-t-il lieu?

Le 27 novembre 2015, un hommage national est rendu aux 130 victimes des attentats du 13 novembre, à l'Hôtel des Invalides.

Le 27 novembre 2015, un hommage national est rendu aux 130 victimes des attentats du 13 novembre, à l'Hôtel des Invalides. - Miguel Medina - AFP

Une semaine après l'attentat de Nice, aucun hommage national n'est officiellement prévu pour les 84 personnes tuées. Plusieurs obstacles restent à régler pour l'exécutif.

Pourquoi aucun hommage national n'est-il prévu pour les 84 personnes tuées dans l'attentat du 14 juillet à Nice? Alors que les victimes du 13 novembre avaient reçu cet hommage 15 jours après les attentats, aucun événement du même type n'est pour l'instant en préparation pour les victimes de Nice. Pourtant, l'Elysée se tient prêt. 

Le problème de la responsabilité de l'Etat

Comme le souligne Europe 1, ce sont les familles qui décident d'un hommage national à leurs proches disparus. Si elles le demandent, l'Etat doit l'organiser. Problème: plusieurs familles considèrent l'Etat comme responsable de la tuerie du 14-Juillet. Un sentiment entretenu par les diverses polémiques qui entourent la sécurité de la promenade des Anglais le soir de l'attentat, et par l'ouverture d'une enquête administrative sur le dispositif policier.

Deuxième problème, certaines familles seraient d'accord pour ces hommages, mais seulement dans la ville où s'est déroulé l'attentat, Nice. Un obstacle insurmontable pour l'exécutif, déjà copieusement chahuté lors de la minute de silence rendue en l'honneur des victimes, le 18 juillet. Dans l'entourage de Matignon, on confirme qu'une cérémonie aux Invalides serait bien plus simple à organiser. 

Pas automatique

Toutefois, un tel hommage n'est ni "obligatoire", ni automatique. Les victimes des attentats de Charlie Hebdo, Montrouge et l'Hypercasher n'avaient pas reçu l'hommage national, notamment parce que certaines familles des victimes de Charlie ne le souhaitaient pas. 

Une autre inquiétude se pose dans l'entourage du président selon Europe 1: comment ne pas donner l'impression d'une "routine" post-attentats? Du côté de l'Elysée, on craint que la multiplication des hommages nationaux ne donnent l'impression d'une fatalité qui, alors que la classe politique demande toujours plus d'action contre le terrorisme, serait une erreur politique.

P.A.