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Attaques à Paris: au Bataclan, récit d'une soirée d'horreur

Au Bataclan, au moins 82 personnes ont été tuées vendredi soir par un groupe d'hommes armés.

Au Bataclan, au moins 82 personnes ont été tuées vendredi soir par un groupe d'hommes armés. - Dominique Faget - AFP

Au moins 82 personnes ont été tuées par des hommes armés vendredi soir dans la salle de spectacle du Bataclan. Des témoins racontent sur BFMTV l’affolement puis l’angoisse en attendant l'évacuation.

Vendredi soir, le groupe Eagle Of Death Metal est sur la scène du Bataclan quand des hommes armés pénètrent dans la salle. Beaucoup racontent qu’aux premières détonations, vers 21h30, les spectateurs ont cru à un canular. Les assaillants, au moins quatre hommes vraisemblablement entrés par l’arrière de la salle, commencent à tirer dans la foule, à visage découvert. Selon un témoin, l'un des assaillants était "blanc, de type européen". Lionel, qui se trouvait "au balcon" de la salle, voit "des hommes armés d'armes lourdes qui tiraient au pigeon dans le Bataclan". Les hommes ont "des voix jeunes, entre vingt et trente ans, et une voix un peu plus vieille".

Une spectatrice "traumatisée" raconte le mouvement de foule qui a suivi après avoir vu "deux fous" arriver dans la salle. Yasmine explique que l’un des assaillants aurait alors crié: "Ce que vous faites aux Syriens, vous allez le payer maintenant". "Tous les corps tombaient", raconte la jeune femme des sanglots dans la voix. Elle parvient à se réfugier dans les toilettes, mais un des terroristes lui tire dans le pied.

"La foule tombait comme des dominos"

Un autre témoin raconte anonymement avoir vu "le groupe partir en courant". "J’ai entendu les gens hurler, j’ai entendu un gars hurler Allah Akbar deux fois de suite. Et puis tout le monde s’est effondré, je me suis fait écraser par toute la foule qui tombait comme des dominos", poursuit ce spectateur placé au premier rang.

Dans la salle, les spectateurs sont couchés sur le sol et tentent de se cacher. "J’ai relevé la tête une fois ou deux, je voyais le gars qui tournait en rond autour des gens qui étaient au sol, en hurlant "que personne ne se relève".

Et quand les gens partaient en courant, il leur tirait dans le dos". Ce spectateur finira par tenter sa chance et réussit à s’enfuir en courant.

Des tirs "coordonnés" et "continus"

Certains réussissent à s'enfuir dès les premières détonations. Jérémy Maccaud, journaliste à BFMTV, se trouvait au Bataclan pour assister au concert. Il a juste le temps de se précipiter vers la scène pour tenter de trouver une sortie. Avec un groupe d’une trentaine de personnes, il s’engouffre dans un local voisin.

"A ce moment-là, de la première détonation jusqu’au moment où on réalise que les portes sont fermées, ça ne s’arrête pas. J’ai eu la sensation qu’ils s’étaient coordonnés pour que les tirs soient continus". Une explosion plus importante retentit alors. "On s’est dit, les portes vont céder, ça va être notre tour", raconte-t-il.

Pendant près de deux heures, les spectateurs réfugiés patientent dans le silence jusqu’à ce que la police vienne pour les évacuer. "Les policiers nous ont demandé de lever les mains, de sortir progressivement dans la mesure de possible de regarder en hauteur", poursuit-il. Des corps jonchent la salle de spectacle.

"C’était sale dedans, une boucherie, des gens avec des balles dans la tête", rapporte à l’AFP un policier.

Alors que les spectateurs sont évacués au fur et à mesure, de nouvelles détonations retentissent. Dans la salle, trois des quatre assaillants ont déclenché leur ceinture d’explosifs, le quatrième tireur est abattu par la police lors de l’assaut. En tout, les attaques dans la capitale ont fait au moins 128 morts, 82 ont été tués au Bataclan.
C. B