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Affaire Théo: des centaines de manifestants rassemblés à Bobigny

Des centaines de personnes se sont rassemblées à Bobigny en soutien à Théo, interpellé violemment à Aulnay-sous-Bois. En marge du rassemblement, des heurts ont éclaté.

Neuf jours après l'interpellation violente de Théo à Aulnay-sous-Bois, des centaines de manifestants étaient réunis depuis 16h ce samedi devant le tribunal de Bobigny. Rassemblés en soutien à Théo et pour dénoncer les violences policières, les manifestants étaient encadrés par un important dispositif policier. D'autres rassemblements ont eu lieu, comme à Toulouse

"Je ne suis pas un bamboula"

"La police viole", "je ne suis pas un bamboula", "la police tue des innocents", pouvait-on lire sur des pancartes à Bobigny. "Je ne comprends pas. Je ne pensais pas que ça pouvait encore exister", a dit à l'AFP Anissa, 18 ans, évoquant Théo.

"Je ne comprends pas qu'on puisse dire que c'est un accident. Je ne considère pas ces hommes comme des policiers", a ajouté la jeune fille venue de la commune proche du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). 

Les manifestants ont scandé des slogans dénonçant les violences policières, évoquant aussi Zyed et Bouna, les deux adolescents morts dans un transformateur électrique à l'origine des émeutes en banlieue en 2005, ou Adama Traoré, mort lors de son interpellation l'été dernier dans le Val-d'Oise.

Des tensions en marge du rassemblement

Après plus d'une heure de manifestation, des policiers postés sur une passerelle juste au-dessus du lieu du rassemblement ont reçu des projectiles lancés par des manifestants. Des cris et des bruits de pétards ont suivi. Des casseurs s'en sont pris, notamment à coups de pieds, aux vitres d'un immeuble et au mobilier urbain.

Des véhicules ont par ailleurs été incendiés dont la camionnette de RTL. Dans une déclaration à l'AFP, la radio indique que son équipe sur place a été "choquée mais pas blessée" et "condamne cet acte de violence qui a mis en danger la vie" d'un journaliste et d'un technicien. La direction de RTL "tient à affirmer qu'elle ne cédera à aucune forme d'intimidation".

Alors que les policiers tiraient des grenades de gaz lacrymogènes, les manifestants ont commencé à se disperser en début de soirée.

Dans la nuit de vendredi à samedi, huit personnes avaient été interpellées en Seine-Saint-Denis, où les tensions consécutives au viol présumé de Théo ont baissé d'un cran, selon des sources policières. Vingt-cinq personnes avaient été interpellées la nuit précédente.

Toujours hospitalisé, Théo, jeune homme noir de 22 ans, a raconté avoir été victime le 2 février d'un viol avec une matraque télescopique au cours d'une interpellation violente aux 3.000, une cité d'Aulnay-sous-Bois.

L'un des quatre policiers ayant procédé à l'interpellation a été mis en examen pour viol. Les trois autres pour violences. 

M.L. avec AFP