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Aulnay-sous-Bois: "Théo est psychologiquement démoli" dénonce Me Dupond-Moretti

Le ténor du barreau qui assure la défense du jeune homme s'est réjoui de la visite du chef de l'Etat à son chevet. Il a, en revanche, sévèrement critiqué tant les discours de la défense que celui du ministère public.

Invité mardi soir sur BFMTV, Me Dupond-Moretti, l'avocat de la famille de Théo, s'est d'abord réjoui de la visite de François Hollande ce même jour au chevet du jeune homme, gravement blessé par des policiers lors de son interpellation jeudi, à Aulnay-sous-Bois

"C'est bien que le président de la République est rendu visite à ce gamin, car cela montre symboliquement que la France, ce n'est pas ce qu'il a subi."

Il a ensuite donné des nouvelles de l'état de santé du jeune homme de 22 ans hospitalisé à l'Hôpital Robert-Ballanger.

"Théo est très mal, comme quelqu'un qui s'est fait violer. Les dégâts sont considérables. Pour le moment, il porte une poche, on ne sait pas si c'est définitif. Psychologiquement, il est démoli", a-t-il dénoncé. 

Le jeune homme de 22 ans a été blessé au niveau de la zone rectale, entraînant pour lui une incapacité totale de travail de 60 jours. Les quatre policiers qui sont intervenus ce jour-là ont été mis en examen. L'un pour viol, les autres pour violences volontaires en réunion.

"Choisir le silence plutôt que l'indécence"

Me Dupond-Moretti a aussi réagi à l'évocation de la défense du policier soupçonné de viol qui, de son côté, a parlé d'un "terrible et malheureux concours de circonstances". "Comme si au fond la matraque avait glissé", s'exclame l'avocat. Il conteste fermement la thèse défendue par la défense, comme quoi la matraque aurait été introduite de manière "totalement involontaire" dans le corps de Théo.

"Il a droit d'exprimer ce qu'il veut c'est respectable, ce sont les droits de la défense du policier, mais moi j'ai le droit de penser ce que je veux. Et je pense que parfois entre le silence et l'indécence, on devrait choisir le silence." 

L'attitude du parquet également critiquée

Eric Dupond-Moretti critique aussi sévèrement le communiqué officiel du parquet.

"On démarre par une histoire de drogue, sans faire le distinguo, car ce gamin n'a rien à voir avec ça. Mais rien à voir avec ça. Et puis on finit par dire que l'intromission d'une matraque ce n'est pas un viol. (...) Je collectionne depuis 32 ans hélas, un musée des horreurs et chaque fois que j'ai vu un objet servant à pénétrer un sexe ou un anus, ça a toujours été qualifié de viol. C'est la définition même du Code pénal", a-t-il martelé.
David Namias