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Pourquoi les épisodes de canicule pourraient être de plus en plus fréquents

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- - Yann Schreiber / AFP

Autrefois exceptionnelles, les journées de fortes chaleurs devraient se banaliser pour une grande partie de la population mondiale d'ici la fin du siècle.

L'Europe suffoque. Depuis le début de semaine, une bonne partie du vieux continent, de la Grèce à la Scandinavie en passant par la Bulgarie, vivent un épisode de canicule marqué par des températures record. En France, le Mercure a atteint 38°C dans la journée de jeudi. Un chiffre qui devrait baisser ce week-end avant de grimper de plus belle la semaine prochaine.

Si vous avez l'impression que ces journées de fortes chaleurs sont de plus en plus fréquentes, vous n'avez pas tout à fait tort. Selon les données d'Infoclimat, en France, les températures des mois d'été (juin, juillet, août) ne cessent d'augmenter depuis quarante ans. Et ce n'est pas près de s'arrêter: à l'échelle mondiale les météorologues prévoient des épisodes de canicule de plus en plus fréquents dans le futur.

Le rapport 2012 du Giec, le groupe des experts climat de l'ONU, prévoit ainsi une "intensification des épisodes extrêmes lors des prochaines décennies". Au menu des réjouissances: des canicules, donc, mais aussi des périodes de grande sécheresse, des inondations et des ouragans.

La moitié de la population mondiale exposée en 2100

Pour expliquer cette banalisation de phénomènes climatiques autrefois exceptionnels, les experts invoquent, sans surprise, le réchauffement climatique observé depuis le début du siècle et imputable aux gaz à effet de serre. Pour l'Organisation météorologique mondiale (OMM), les récents épisodes "sont compatibles avec les tendances à long terme causées par l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre". 

Et les mesures prises récemment pour endiguer le phénomène pourraient ne pas suffire à limiter l'impact du réchauffement climatique. Selon une étude parue en 2017 dans Nature Climate Change, même si les engagements de l'Accord de Paris étaient respectés, la moitié de la population mondiale sera exposée à des vagues de chaleur meurtrières d'ici 2100, contre environ 30% aujourd'hui. Le météorologue Jean Jouzel, cité par l'AFP, estime même que "les canicules comme 2003 risquent de devenir la norme après 2050 ou 2060". Pour mémoire, cet épisode survenu en août 2003 avait fait 70.000 morts en Europe. 

Les canicules pourraient donc devenir le lot quotidien d'une bonne partie de la population mondiale, qui va devoir apprendre à vivre avec. Pour mémoire, quelques gestes simples permettent de mieux vivre les fortes chaleurs - éviter les heures chaudes de l'après-midi, boire plus que d'accoutumée ou encore, investir dans un bon ventilateur.

C.R.