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Mars: un projet de ville pour 2054, Elon Musk l'imagine pour "cette décennie"

La planète Mars (Photo d'illustration)

La planète Mars (Photo d'illustration) - NASA

Des architectes ont imaginé à quoi pourrait ressembler une ville martienne. Nommée Nüwa, elle serait construite à flanc de falaise, et accueillerait à terme 250.000 personnes selon leurs projections.

Le robot Perseverance a fait ses premiers pas sur la planète rouge le mois dernier. Parmi ses missions, la recherche d'anciennes traces de vie, la collecte d'échantillons pour les renvoyer sur Terre, mais aussi, par l'étude des lieux, la préparation d'une possible arrivée d'hommes et de femmes sur Mars. Certaines organisations se préparent d'ores et déjà à cette possibilité.

L'agence d'architecture internationale Abiboo a ainsi proposé les plans de l'une des cinq futures villes autosuffisantes devant accueillir des humains sur Mars. Nommée Nüwa, elle pourrait être construite à partir de 2054, et achevée d'ici 2100, date à laquelle la première communauté d'humains commencerait à y vivre, explique à Euronews Alfredo Muñoz, fondateur d'Abiboo.

Dans un tweet la semaine dernière, Abiboo précise toutefois, que "d'ici 2054, nous pourrions être en mesure de commencer à construire une colonie comme Nüwa, mais ce n'est pas nécessairement l'année où nous commencerons à la construire".

"Espérons que cela se produise cette décennie"

Ce projet est réalisé en collaboration avec SONet network, un groupe de scientifiques encourageant l'établissement humain sur d'autres mondes, "en particulier sur la Lune et Mars", explique leur page. Il a été présenté dans le cadre d'un concours organisé par la Mars Society - une organisation dédiée à l'exploration humaine et à la colonisation de cette planète - lors de sa dernière convention en octobre 2020, à laquelle Elon Musk, le patron de l'entreprise de vol spatial Space X, a participé.

Ce dernier, qui soutient les ambitions martiennes, voit beaucoup moins loin: "Espérons que cela se produise cette décennie", écrit-il ainsi sur Twitter, au sujet du projet Abiboo. Le milliardaire a depuis longtemps dit son envie de se rendre sur la planète rouge, en 2017, il avait même dévoilé un projet assurant qu'il pourrait envoyer des humains sur Mars dès 2023.

La réaction du milliardaire a été particulièrement partagée, mais comme le précise l'agence d'architecture, "Abiboo et Space X n'ont aucun lien, même si nous aimerions!".

Une ville prévue pour 250.000 personnes

Dans sa description, l'agence d'architecture présente Nüwa comme une ville verticale creusée dans une falaise martienne, car l'Homme ne peut pas survivre en extérieur sans protection sur cette planète. Située dans une zone appelée "Tempe Mensa", elle est "protégée des radiations et des météorites tout en ayant accès à la lumière indirecte du soleil" et pourrait, selon ses concepteurs, accueillir 250.000 personnes. Des zones d'habitation, d'agriculture mais aussi des sortes de parcs sont prévus, munis de hublots avec vue sur la surface martienne.

"La ville de Nüwa est sur la pente de l'une des falaises martiennes avec un accès à l'eau abondant", écrivent les auteurs du projet, qui la veulent autosuffisante. "Après une courte phase initiale reposant sur des approvisionnements venant de la Terre, le système devrait être en mesure de soutenir sa croissance avec des ressources locales uniquement". "Tous les matériaux nécessaires à la construction de la ville sont obtenus sur Mars en traitant du carbone et d'autres minéraux", est-il également écrit.

Le projet prévoit même des transports entre les différentes villes-colonies établies sur la planète, sous forme de bus ou de trains. Mais ce programme pharaonique, sous bien des aspects, reste de l'ordre du fantasme pour le moment.

Un projet au stade d'utopie

Plusieurs chercheurs en astrophysique avaient expliqué en fevrier à BFMTV que si la recherche avançait dans la découverte de Mars, la mise en place d'une exploration humaine pourrait encore prendre des décennies. Ainsi, imaginer une colonie s'installer sur place reste de l'ordre de l'utopie avec les connaissances actuelles.

On ne sait en effet pas comment le corps humain réagirait au voyage, ni sur cette planète, comment produire avec certitude de l'énergie et de l'oxygène, ni faire pousser de quoi se nourrir. Et si "on parle beaucoup de la découverte de l’eau sur Mars, il faut être très clair, même s’il y a de l’eau liquide, aujourd’hui, elle est sûrement sous la surface, et en petite quantité, donc ça ne suffira pas pour une colonie de personnes", expliquait Athena Coustenis, directrice de recherche au CNRS et à l'Observatoire de Paris.

De plus, "actuellement, pour envoyer des hommes et des femmes sur Mars, et les ramener sains et saufs, il y a beaucoup de travail, il y en a au moins pour 15 à 20 ans, si ce n’est plus. Et je parle seulement d’exploration", déclarait Michel Viso, responsable de l’exobiologie au CNES (Centre national d'études spatiales), qui a participé à la mission Perseverance.

Véritable fantasme terrien, la colonisation de Mars fait l'objet de projets en tous genres et les maquettes Abiboo ne sont pas les premières à imaginer à quoi pourrait ressembler la vie humaine sur la planète rouge. La NASA avait ainsi lancé un concours en 2018, appelant à proposer des projets d'habitations sur Mars, et des astronomes du Royal Observatory de Greenwich (Angleterre) avaient même présenté en 2016 la maquette à taille humaine d'une possible maison martienne.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV