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Les questions qui se posent après le séisme "exceptionnel" qui a secoué le Sud-Est de la France

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Un sismologue et un physicien reviennent sur le tremblement de terre de magnitude 5,4 qui a secoué la Drôme et l'Ardèche ce lundi, faisant un blessé grave.

Peu avant midi ce lundi, un séisme de magnitude 5,4 s'est produit près de Montélimar (Drôme), faisant un blessé grave. Les secousses ont été ressenties jusqu'à Lyon. Des dégâts ont également été constatées au Teil, en Ardèche.

Comment expliquer ce phénomène? À quoi faut-il s'attendre dans les heures à venir? Éléments de réponse avec Pascal Roudil, sismologue au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et Mustapha Meghraoui, physicien à l'Institut de physique du globe de Strasbourg.

  • Ce séisme est-il exceptionnel?

"Dans la zone autour de Montélimar et Privas, aux 100 kilomètres aux alentours, depuis les années 1970, il n'y a eu que six à sept événements qui ont dépassé la magnitude 4, largement sans atteindre la magnitude 5", explique Pascal Roudil sur BFMTV. "La zone a une sismicité modeste, cet événement est donc assez exceptionnel. À l'échelle nationale, ce sont des événements qui arrivent une à deux fois an."

"On peut dire que c'est un (séisme) rare, un séisme important pour la région", abonde Mustapha Meghraoui, interrogé par l'AFP. "C'est plutôt au sud de Grenoble, à l'est de Valence qu'il y a une sismicité importante", ajoute-t-il.

Depuis 1980, le Réseau national de surveillance sismique (Rénass) n'a recensé qu'une dizaine de séismes dont la magnitude était supérieure à 5 et dont l'épicentre était situé en France métropolitaine.

  • Aurait-on pu anticiper ce tremblement de terre?

"Il n'y a pas de prédiction possible dans les tremblements de terre", indique Pascal Roudil. "En revanche, il est possible de faire une prévision au sens statistique du terme. Si on observe régulièrement une zone donnée, on est capable de pouvoir dire qu'il va y avoir, en moyenne, tant de tremblements de terre de magnitude intermédiaire à cette période et on peut ainsi s'attendre à avoir des tremblements de terre plus important."

  • Va-t-il y avoir des répliques?

Sur Twitter, le Réseau d'observation de la sismicité alpine a expliqué que ce tremblement de terre "générera certainement des répliques dans les heures et les jours qui viennent".

"Les répliques ne sont absolument pas automatiques", rassure Pascal Roudil. "Certaines fois, on peut avoir de gros tremblements de terre et aucune réplique. D'autres fois des grands tremblements de terre ont beaucoup de répliques. Jusqu'à présent, depuis 11h50, il n'y a pas de réplique notable qui ont été observée." De son côté, Mustapha Meghraoui indique qu'une "réplique principale de l'ordre de 4,5" est possible, elle pourrait même "être aussi forte que celle de ce matin", mais ce scénario ne se produit que rarement.

"Plus on s'éloigne du temps de l'événement, moins il y a de chance d'en avoir sur le principe", ajoute Pascal Roudil. "Nous serons attentifs dans les heures et les jours qui arrivent."

  • Y-a-t-il un risque pour les bâtiments?

Dans la Drôme, les secours vérifient actuellement d'éventuelles fissures mais la sous-préfète de Nyons, Christine Bonnard, a expliqué sur BFMTV qu'il n'y avait pas d'important "dégâts aux immeubles". En Ardèche, "les pompiers passent dans les maisons pour voir s'il n'y a pas de danger, de fissures", a précisé la préfète Françoise Souliman sur notre antenne. 

En cas de réplique, le physicien à l'Institut de physique du globe de Strasbourg explique que "si les gens restent dans leur maison" qui a pu être fragilisée par le premier séisme, "ça risque d'être un petit peu dangereux" pour eux.

"Si les gens sont dans une maison fragile, il vaut mieux qu'ils la quittent, qu'ils aillent à la mairie du coin, par exemple", pour s'abriter dans un bâtiment "mieux construit" et se "mettre à l'abri pendant un moment", conseille-t-il.
E.P avec AFP