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"La seconde fois, on a l'expérience": Thomas Pesquet évoque sa prochaine mission dans l'espace

Alors qu'il s'apprête à partir pour son second voyage à bord de la Station spatiale internationale (ISS), le spationaute Thomas Pesquet était l'invité ce lundi de BFM Story.

Thomas Pesquet, invité ce lundi soir de BFM Story, s'apprête à retrouver la Station spatiale internationale (ISS), où il avait vécu de l'automne 2016 au début de l'été 2017. C'est le 22 avril qu'il décollera en effet de Cap Canaveral, la célèbre base de Floride, afin de rallier l'ISS pour six mois de mission Alpha.

Celui qui sera, à la fin de son séjour, le commandant de bord de la station - le premier Français à assumer de telles responsabilités dans l'ISS - aborde ce nouveau voyage avec pondération. "La deuxième fois on est plus circonspect, on a l'expérience en fait", expose-t-il d'entrée. "On sait que ça va être difficile, ce qui va être important et ce qui l'est moins. On se prépare de manière raisonnée. On est toujours motivé mais c'est comme repartir en voyage, une fois qu'on l'a déjà fait (...) ce n'est pas la même démarche", poursuit-il. Avant d'expliciter quels sont les objectifs de la mission Alpha:

"Il y a deux buts majeurs: la recherche scientifique", explique notre invité. "On va réaliser des expériences notamment médicales, imaginées par des laboratoires au sol, par l'Inserm, CNRS etc. Et puis, on prépare la suite. La station spatiale nous sert à étudier l'humain dans l'espace pour pouvoir l'amener vers Mars ou vers la Lune parce qu'on sait que c'est par là qu'on va avoir la réponse à de grandes questions scientifiques."

"Mars sera l'aventure scientifique du XXIe siècle"

Le spationaute développe: "Cela fait 20 ans qu'on arrive à maintenir une présence humaine en orbite basse terrestre, 20 ans qu'on a des astronautes dans l'espace de manière ininterrompue. Ce n'est jamais arrivé avant." Selon Thomas Pesquet, à plus ou moins brève échéance, l'orbite de la Terre va plutôt devenir le théâtre d'explorations lancées par des sociétés privées tandis que les spationautes relevant d'agences nationales, comme lui, iront migrer vers des décors "plus compliqués".

L'idée est donc justement de préparer de nouveaux alunissages. Et il ne s'agirait pas de débarquer sur la Lune "deux jours pour planter et repartir mais pour s’installer", souhaite-t-il. "On veut être capable de faire une base sur la Lune, d’apprendre et d’utiliser les ressources in situ, de faire de la science et de la recherche à grande échelle", ajoute-t-il. "Une fois qu’on saura faire ça on ira faire la même chose sur Mars et puis ainsi de suite", se met-il à rêver.

Si l'homme de 43 ans s'estime un peu trop vieux, déjà, pour espérer aller lui-même sur Mars, il est toutefois sûr d'une chose: "Mars sera l’aventure scientifique de ce XXIe siècle."

Robin Verner