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La Nasa va envoyer une sonde pour frôler le Soleil et percer ses secrets

Illustration de Parker Solar Probe approchant le soleil

Illustration de Parker Solar Probe approchant le soleil - Credits: NASA/Johns Hopkins APL/Steve Gribben

En utilisant Vénus pour ajuster son orbite, la sonde s'approchera au plus près de notre étoile, et devra résister à des températures extrêmes.

Jamais un engin fabriqué par l'homme ne se sera autant approché de l'astre solaire. Ce vendredi soir, la Nasa va pouvoir effectuer la première tentative de décollage d'une sonde avec une mission inédite: frôler le Soleil. Parker Solar Probe, nommée en hommage au docteur Eugene Parker, physicien célèbre pour avoir prédit l'existence des vents solaires en 1958, sera lancée depuis le centre spatial Kennedy de la Nasa, en Floride.

De la taille d'une petite voiture et pesant un peu plus de 600 kilos, la dernière née des sondes de la Nasa décollera à bord d'une des roquettes les plus puissantes au monde. Afin d'approcher le Soleil sans s'y écraser, elle devra compter sur la gravité de Vénus, notre planète voisine, pour parvenir dans trois mois environ à son premier passage au plus près de l'astre.

Andy Driesman, chef de projet pour la mission au laboratoire John Hopkins de physique appliquée, explique: "Parker Solar Probe utilise Vénus pour ajuster sa course et ralentir, afin de placer le vaisseau spatial sur la meilleure trajectoire possible". "Nous allons passer près de Vénus sept fois au cours de la mission. À chaque passage près de la planète, nous approchons de plus en plus du Soleil", indique-t-il.

Plusieurs millions de degrés

La destination finale de l'engin est la couronne solaire, l'atmosphère de notre étoile. Les conditions qui y règnent sont extrêmes, avec une température comprise entre un et trois millions de degrés. Pour faire face à cette fournaise, la sonde est équipée d'un épais bouclier thermique en carbone, ainsi que d'un circuit de refroidissement ultra-perfectionné.

Actuellement, les seules données que peuvent étudier les physiciens travaillant sur le sujet sont recueillies à distance. "Nous avons été très créatifs pour tirer le plus possible de nos données, mais rien ne vaut le fait de placer une sonde dans la couronne pour voir ce qu'il s'y passe", déclare Nicholeen Viall, physicienne spécialisée dans l'étude du Soleil.

Occasion unique

Cette mission est donc pour eux une chance exceptionnelle d'observer au plus près les phénomènes tels que les éruptions solaires, ou encore les éjections de masse coronales. Ces gigantesques explosions projettent des particules à forte énergie dans l'espace, et peuvent interférer avec les ondes GPS, voir fortement perturber nos réseaux électriques terrestres lorsqu'elles sont d'une intensité exceptionnelle.

C'est tout un petit morceau d'humanité qui décollera à destination du Soleil, puisqu'en plus des espoirs des scientifiques, la sonde transportera une micro-puce sur laquelle figurent les noms de plus d'un million de participants qui se sont inscrits pour cette occasion unique.

L.D.