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La Nasa veut peindre l'astéroïde Bennu pour éviter une collision avec la Terre

Vue d'artiste de la mission OSIRIS-REx.

Vue d'artiste de la mission OSIRIS-REx. - NASA

INFOGRAPHIE - Ce corps céleste de près de 500 mètres de diamètre, baptisé Bennu, pourrait entrer en collision avec notre planète en 2175. Mais la Nasa a un plan pour dévier sa route.

Bennu (encore appelé "Bénou" ou 101955 dans sa dénomination internationale) risque de croiser la trajectoire terrestre pour la première fois le 25 septembre 2175. Les chances qu'il frappe effectivement la surface de la Terre sont de 0,0041%, soit une sur 24.000. Sur les 78 passages dangereux calculés par l'agence spatiale américaine, c'est celui de 2196 qui sera le plus inquiétant avec une probabilité de collision de 1 sur 11.000. Cela en fait le deuxième astéroïde le plus potentiellement dangereux dans les siècles à venir en regard de l'échelle (cumulative) de Palerme, qui mesure le risque d'impact des objets géocroiseurs - juste après (410777) 2009 FD, selon ce tableau des possibles impacts référencés par la Nasa.

Autre motif d'inquiétude, la taille de ce corps céleste et son diamètre de plus ou moins 490 mètres et d'une masse de (probablement) 60 milliards de kilos. L'impact aurait des conséquences catastrophiques pour notre planète, sans toutefois menacer notre existence même, ont calculé les scientifiques.

La taille de Bennu en comparaison de l'Empire State Building et de la Tour Eiffel.
La taille de Bennu en comparaison de l'Empire State Building et de la Tour Eiffel. © NASA

Pour éviter cette collision, l'agence spatiale américaine échafaude depuis des années plusieurs plans pour dévier la trajectoire des géocroiseurs, ces astéroïdes qui croisent l'orbite terrestre. A l'été 2017, nous évoquions trois techniques de détournement: l'explosion nucléaire, le tracteur gravitationnel et l'impacteur cinétique. Avec les données qui pourront être acquises par la mission OSIRIS-REx, la Nasa evisage une quatrième méthode: le "ripolinage"

Changer les propriétés thermiques du corps céleste

La mission OSIRIS-REx (Origins-Spectral Interpretation-Resource Identification-Security-Regolith Explorer) a pour objet d'étudier l'astéroïde Bennu et d'en rapporter un morceau. La sonde spatiale a été lancée le 8 septembre 2016 et doit se placer en orbite autour de l'astéroïde en août prochain. Elle disposera alors de deux ans pour étudier l'objet et devrait rapporter un échantillon d'une masse située entre 60 grammes et deux kilos en septembre 2023. 

Parmi les objectifs assignés à cette mission, on retiendra l'étude de l'effet Yarkovsky. Comme l'explique le Cnes sur son site, "la rotation de l’objet sur lui-même provoque la restitution de l’énergie solaire émise sous forme de rayonnement infrarouge dans une direction qui modifie lentement sa trajectoire. Cet effet est la principale cause des incertitudes sur la prédiction des trajectoires des astéroïdes géocroiseurs et donc sur leur probabilité d’impact avec la Terre." La Terre, dont la masse n'est simplement pas comparable avec celle de Bennu, n'est pas sensiblement affectée par ce phénomène qui ne concerne que les objets inférieurs à 20 kilomètres.

D'où l'idée, expliquée par dans Gizmodo par Michael Moreau, un scientifique de la Nasa travaillant pour la mission OSIRIS-REx, de repeindre tout ou partie de l'astéroïde. "Peindre ne serait-ce que la moitié de la surface changerait ses propriétés thermiques et changerait son orbite", avance le scientifique. 

Cette méthode douce serait hypothétiquement mise en œuvre par le vaisseau HAMMER (pour Hypervelocity Asteroid Mitigation Mission for Emergency Response). Mais tout cela reste théorique, insiste un ingénieur l'ingénieur spatial de la Nasa Brent W. Barbee auprès du Washington Post. "S'il vous plaît, n'écrivez pas qu'un astéroïde va percuter la Terre", plaide-t-il, tout en nous enjoignant à "préparer" à une telle éventualité.

>> Ci-dessous, les 78 passages de Bennu tels que calculés par la Nasa jusqu'en 2200

David Namias et Emeline Gaube