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Les dinosaures auraient pu survivre à l'effet de l'astéroïde s'il s'était écrasé ailleurs sur Terre

Des squelettes de Megaraptor et de Mapusaurus, exposés au musée des Sciences de Tokyo, le 13 mars 2009.

Des squelettes de Megaraptor et de Mapusaurus, exposés au musée des Sciences de Tokyo, le 13 mars 2009. - Kazuhiro Nogi - AFP

Deux chercheurs affirment que peu d'endroits sur Terre réunissaient à l'époque les conditions pour créer un enchaînement aussi catastrophique après l'impact d'un astéroïde.

La question taraude les scientifiques depuis des décennies. Comment les dinosaures ont-ils disparu? Quelles conditions ont mené à l’extinction de plus des trois quarts des animaux sur Terre, il y a 66 millions d’années?

Une nouvelle étude scientifique publiée cette semaine dans la revue Scientific Reports affirme en tout cas que les dinosaures n’ont vraiment pas eu de chance. Si l’astéroïde qui a frappé la Terre à Chicxulub, au Mexique, et probablement mené à leur extinction, avait atterri ailleurs, ils n’auraient peut-être pas disparu aussi brusquement.

En effet, selon ces nouvelles conclusions, seuls 13% de la surface de la Terre étaient propices à un enchaînement de réactions pouvant provoquer une telle extinction de masse.

"Je pense que les dinosaures pourraient encore être vivants aujourd’hui”, affirme même au New York Times Kunio Kaiho, paléontologue à l’université Tohoku au Japon et principal auteur de l’étude.

Un sol riche en soufre et hydrocarbures

Pour le paléontologue et le chercheur en météorologie Naga Oshima, co-auteur de l’étude, l’astéroïde s’est heurté à un sol riche en soufre et en hydrocarbures, ou en matières organiques comme des énergies fossiles. Une température élevée au moment de l’impact aurait mis le feu à ces matières, rejetant une grande quantité de suie et de soufre dans l’atmosphère. Cette suie aurait caché le Soleil puis entraîné un changement de climat, la température chutant d’environ sept degrés Celsius (18° Fahrenheit).

Après avoir recréé une "carte" de la planète il y a 66 millions d’années et construit un modèle pour analyser les différents lieux d’impact possibles de l’astéroïde, les deux scientifiques en ont conclu que 87% de la surface de la Terre à l’époque ne réunissaient pas les conditions pour un tel enchaînement.

Ces conclusions ne font toutefois pas consensus dans la communauté scientifique. "L’idée que l’emplacement (de l’impact de l’astéroïde) est importante est, à mon sens, absolument correcte", confirme au New York Times Sean P.S. Gulick, un scientifique de l’université du Texas à Austin. Il remet néanmoins en question la provenance de la suie, et l’impact qu’elle a pu avoir sur le climat.

La suie aurait pu ainsi provenir de gigantesques incendies, provoqués par la retombée de débris enflammés.

En mai, après des fouilles menées sur place, un documentaire de la BBC avançait déjà que le cratère de Chicxulub marquait l’un des pires endroits où l’astéroïde aurait pu s’écraser. Néanmoins, des changements climatiques à leur évolution naturelle, les causes de l’extinction des dinosaures sont sans doute multiples.

Liv Audigane