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Deuxième nuit rouge en Corse après une série d'incendies

Près de 1500 hectares de végétation ont été ravagés ce week-end. "Une catastrophe écologique inadmissible", selon le maire de Calenzana, commune particulièrement touchée.

C'est un phénomène inédit pour un mois de février sur l'île de Beauté. Une cinquantaine de départs de feu ont été enregistrés pendant le week-end en Corse et près de 1500 hectares de végétation sont partis en fumée. Les opérations de secours ont été interrompues pendant la nuit et vont reprendre ce lundi matin.

• 48 départs de feu enregistrés

Une série de feux s'est déclenchée samedi soir, attisés par des vents violents allant jusqu'à 90km/h, a dévasté 1500 hectares de végétation en 24 heures. 15 départs de feu ont été enregistrés en Corse-du-Sud et 33 en Haute-Corse.

Le feu le plus virulent, à Calenzana, a ravagé plus de 1200 hectares de végétation malgré les renforts aériens déployés dans la journée. Les flammes ne menacent actuellement plus aucune habitation. 

• Plus de 300 pompiers mobilisés

170 pompiers et gendarmes sont mobilisés en Haute-Corse, et 166 en Corse-du-Sud. Des renforts venus de Brignoles (Var) et de Marseille doivent arriver par bateau lundi matin.

Le vent ayant considérablement faibli, les pompiers vont pouvoir être héliporter sur la zone des derniers foyers d'incendies, dans les hauteurs de Calenzana, sur un territoire très escarpé. Il faudra néanmoins plusieurs jours avant de venir à bout de ce brasier. 

• Une origine probablement humaine 

Trois enquêtes ont été ouvertes pour déterminer les causes de ces nombreux départs de feu, mais la pratique de l'écobuage, qui consiste à débroussailler une zone de végétation sèche par le feu est déjà vivement critiquée. La préfecture de Haute-Corse l'a interdite depuis vendredi à cause des fortes rafales de vent.

Lors d'une conférence de presse dimanche soir, la préfète de Corse et de Corse-du-Sud, Josiane Chevalier a fustigé cette technique: "On a un sol très sec (...) mais [il y a] aussi de l'imprudence avec des écobuages inappropriés sur toute la Corse". Le maire de Calenzana a également dénoncé dès dimanche matin "une catastrophe écologique inadmissible", fustigeant un acte "criminel et lâche".

• Le dérèglement climatique pointé du doigt

"Je crois que le dérèglement climatique est à l'oeuvre", a indiqué Josiane Chevalier. Un an plus tôt, en plein mois de janvier, la Corse avait déjà connu des incendies dévastateurs qui avaient fait trois blessés à Cervione (Haute-Corse).

La préfète a pointé des conditions météorologiques "assez particulières" avec un vent extrêmement fort mais aussi un taux d'humidité extrêmement faible de l'ordre de 8%, ce qui est "inférieur à ce qu'on peut observer l'été".

Avec AFP