BFMTV

COP21: ces petits détails qui bloquent tout

Laurent Fabius rencontre les responsables des ONG au Bourget

Laurent Fabius rencontre les responsables des ONG au Bourget - Alain Jocard - AFP

Le texte d'accord sur le climat est encore très inabouti. En cause: des problèmes de fond mais aussi des détails très pratiques comme la négociation sur des formulations et le temps qu'il reste.

Après presque deux semaines de négociations, la Cop21 touche à sa fin. Le sommet climatique fermera ses portes au Bourget ce vendredi soir, vers 18 heures. D'ici là, un accord international devrait-être conclu. Sans surprise, les négociateurs n'ont pas pris d'avance et ne dormiront plus beaucoup d'ici la clôture. 

Il reste notamment trois questions cruciales à trancher: les financements, la responsabilité différenciée des pays développés et des pays en développement et la révision des engagements dans l'avenir. Des points éminemment géo-politiques mais les négociations tournent pourtant souvent autour de points de détail.

L'entêtement sur des crochets

Le texte préalable à l'accord ne cesse de se réduire et de s'éclaircir depuis le début de la Cop21 le 30 novembre dernier. Mais on est loin d'avoir un accord: il reste 29 pages, dont 366 points entre crochets selon un décompte du Monde. Il s'agit de formulations non-tranchées, les passages sur lesquels il faudra choisir entre plusieurs options.

  • L'heure tourne et la fatigue se fait sentir

C'est la dernière ligne droite. Les avions des délégués, ministres et porte-parole en tout genre sont déjà réservés. Les dernières heures mettent les nerfs des participants à rude épreuve. Laurent Fabius a donné le mot d'ordre mercredi: "Il faut se préparer à travailler cet après-midi, cette nuit et demain, sans pause".

Théoriquement, la version finale de l’accord doit être mise sur la table ce jeudi. Le temps qui reste sera consacré à la traduction et la validation juridique du texte. Le cadre des discussions rend quasiment inévitable ces négociations à rallonge, qui ont tout de la partie de poker. Les décisions sont, en effet, prises par "consensus", c'est-à-dire qu'elles doivent recueillir un très large soutien.

Les dernières heures sont donc cruciales pour s'assurer de l'assentiment général et mettent les participants sous une forte pression. Lors de la COP13 à Bali, le haut responsable de l'ONU pour le climat Yvo de Boer avait fondu en larmes devant des milliers de délégués, quand les Etats-Unis avaient tenté de bloquer un accord.

Les Américains sont largués sur les degrés

Les négociations de Paris visent un réchauffement climatique limité à deux degrés (voire moins) d'ici la fin du siècle par rapport à l'ère pré-industrielle. Deux degrés... Celsius. Or outre-Atlantique, on pense en degrés Fahrenheit. Certes le point est anecdotique mais il n'en est pas moins révélateur de la complexité des négociations internationales. Sans compter qu'il y a là de quoi démobiliser l'opinion publique américaine, souligne le Huffington Post.

"En Europe ou en Asie, 40°, c'est une chaude journée d'été. Mais (...) pour quelqu'un qui a grandi aux États-Unis, une chaude journée d'été c'est 100°", relève ainsi le Huffington Post. Quand on parle de deux degrés de réchauffement climatique, le problème peut être mal interprété et semble donc dérisoire aux oreilles des Américains. Pour information, un degré Celsius, ou centigrade correspond à environ 34 degrés Fahrenheit.

Tout est donc loin d'être réglé au Bourget, et, pour l'heure, les ONG semblent assez déçues sur le fond et redoutent, selon la formulation de Greenpeace, un texte "fantomatique".

Aurélie Delmas avec AFP