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Zika, Ebola, Tabac... l'OMS dresse le bilan de santé de l'année 2016

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L'Organisation Mondiale de la Santé a établi un bilan des principales questions liées à la santé en 2016. Des épidémies d'Ebola et de Zika à la lutte anti-tabac, elle évoque les progrès importants réalisés et les priorités à relever pour l'année suivante.

Des succès importants obtenus, mais des défis mondiaux toujours attendus, voici en résumé le bilan sanitaire que dresse l'Organisation Mondiale de la Santé cette année. Dans un rapport, l'institution fait le bilan des principales questions liées à la santé qui ont fait parler d'elle ces douze derniers mois.

"2016 a été une année mouvementée où l'OMS a affronté de nombreuses flambées épidémiques et crises humanitaires tout en poursuivant ses efforts en matière de lutte contre la résistance aux antimicrobiens et en mobilisant pour progresser vers une couverture sanitaire universelle", explique le Directeur général de l'OMS, le Dr Margaret Chan.

Ainsi, 2016 a été l'année où la fin d'épidémie d'Ebola a été annoncée. La plus grande jamais produite: 11 310 morts rien que dans les trois pays les plus touchés (Sierra Leone, Guinée, Libéria). L'année s'est d'ailleurs conclue par l'annonce d'un vaccin expérimental qui s'est révélé hautement protecteur contre ce virus mortel dans le cadre d'un essai majeur réalisé en Guinée.

Quant au Zika, un autre virus qui a occupé le devant de l'actualité cette année encore, l'OMS a estimé que ce dernier, ainsi que les pathologies neurologies associées, ne constituaient plus une "urgence de santé publique de portée internationale" mais que le risque de contamination est toujours présent.

Le paludisme recule, notamment en Europe

D’un côté plus positif, l’année a été particulièrement bonne pour la lutte anti-tabac, avec davantage de pays adoptant des législations exigeant le conditionnement neutre. Le 20 mai, la France et le Royaume-Uni ont commencé à appliquer ce conditionnement et l'Irlande se prépare également à introduire cette mesure, "tandis que d'autres pays étudient cette option", précise l'OMS.

En février, celle-ci a également appelé les gouvernements à appliquer une classification aux films dans lesquels on consomme du tabac. "Le but est d'empêcher les enfants et adolescents de commencer à fumer des cigarettes ou à consommer d'autres formes de tabac", explique-t-elle. Les meilleures nouvelles sont venues du rétrécissement de la carte des maladies infectieuses: les avancées dans les domaines du sida, de la tuberculose et du paludisme ont fait la une.

En avril, il est officiellement annoncé que la région européenne est la première au monde à être parvenue à interrompre la transmission indigène du paludisme. Sept mois plus tard, l'OMS annonce qu'un vaccin antipaludique sera déployé en 2018. Alors que l'Onusida souhaite atteindre l’objectif de 30 millions de séropositifs sous traitement d’ici 2020, un récent rapport montre qu'un peu plus de 18 millions de personnes infectées bénéficient d’une thérapie antirétrovirale dans le monde.

L'alcool et la pollution, deux tendances inquiétantes

D'autres progrès majeurs ont également été signalés au cours de cette année. "La Région des Amériques a été déclarée exempte de rougeole et la Région de l’Asie du Sud-Est a vaincu le tétanos maternel et néonatal". A titre d'exemple, la Thaïlande a été le premier pays de la Région Asie Pacifique confronté à une grande épidémie de VIH à obtenir l'avènement d'une génération sans sida.

Mais d'autres maladies infectieuses que l'on croyait éradiquées perdurent, comme la lèpre que l'OMS souhaite éradiquer d'ici 2020 grâce à une nouvelle stratégie mondiale. L'année 2016 a aussi été celle où l'organisation a donné l'alerte sur plusieurs tendances alarmantes: la pénurie de vaccins en Afrique, le nombre croissant des décès dus à la consommation d’alcool en Europe et les immenses conséquences de la pollution de l’air pour la santé.

Ainsi, la Région européenne est en tête du classement mondial concernant la consommation d'alcool par adulte. Fin septembre, une étude révèle que les décès dus à l’alcool ont augmenté de 4% ces 25 dernières années. "Le niveau de consommation a fortement contribué à la mortalité due aux maladies cardiovasculaires, au cancer, à la cirrhose du foie et aux traumatismes accidentels", souligne l'OMS.

Quant à la pollution atmosphérique, des données publiées en septembre, les plus détaillées jamais publiées, indiquent que 92% de la population mondiale vivent dans des lieux où les niveaux de qualité de l’air ne respectent pas les limites fixées par l’OMS: chaque année quelque 3 millions de décès sont liés à l’exposition à la pollution extérieure.

Mais l'une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale demeure la résistance aux antibiotiques. En septembre, les chefs d'Etat se sont pour la première fois engagés à adopter une approche coordonnée pour lutter contre les causes profondes de ce phénomène dans de multiples secteurs, notamment la santé humaine et animale.