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Variants: comment les passagers en provenance du Brésil sont-ils contrôlés à leur arrivée en France?

Outre un test PCR négatif récent, tout voyageur en provenance du Brésil en avion doit s'engager à s'isoler sept jours à son arrivée. Mais cette quarantaine n'est pas contrôlée.

En fait-on assez pour empêcher le variant P.1 d'entrer en France? Cette souche du Covid-19, à l'origine d'un emballement de l'épidémie au Brésil, inquiète fortement la communauté scientifique française, en raison de l'arrivée par avion de plusieurs centaines de passagers par semaine en provenance de ce pays d'Amérique du Sud.

Les voyageurs en provenance du Brésil doivent justifier d'un motif impérieux pour se déplacer et présenter à leur arrivée en France un test PCR négatif, réalisé moins de 72 heures avant. Depuis ce week-end, ils sont également obligés de faire un test antigénique à leur arrivée - ces dépistages étaient jusque ici aléatoires. Si ce dernier se révèle positif, le passager doit ensuite passer un test PCR afin de certifier ce résultat.

Un isolement qui n'est pas contrôlé

Si le voyageur est positif, il doit s'isoler sept jours, voire quatorze jours s'il est de nouveau testé positif ensuite, à son domicile ou à l'hôtel. L'étage d'un établissement hôtelier a, en effet, été réservé à Roissy pour les personnes qui ne possèderaient pas de logement en France. Il faut compter 1000 euros pour la semaine, à charge du patient positif.

Dans tous les cas, les voyageurs doivent présenter une déclaration sur l'honneur, dans laquelle ils attestent ne pas avoir de symptômes du Covid-19 et ne pas avoir connaissance d'avoir été en contact avec un cas confirmé. Ils s'engagent aussi à s'isoler pendant sept jours à leur arrivée, puis à faire un nouveau test PCR à l'issue de la quarantaine. Il n'y a cependant pas de contrôle pour vérifier qu'ils respectent bien leur isolement.

Un renforcement des mesures réclamé

Combien de passagers sont concernés? Cinquante voyageurs arrivent, chaque jour, du Brésil à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, a annoncé lundi le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari, sur LCI. De son côté, le secrétaire d'État chargé des Affaires européennes Clément Beaune a assuré dimanche, sur la même chaîne, que 1000 personnes arrivent chaque semaine de ce pays en France.

Un chiffre qui peut sembler faible, mais qu'il ne faut pas sous-estimer, car "une personne peut avoir jusqu'à 70-120 contacts", a souligné ce mardi sur BFMTV, le professeur Gilles Pialoux. Ce dernier s'est montré inquiet face au variant P.1. Il s'est, de fait, positionné pour un renforcement des mesures, penchant une quarantaine "surveillée" de dix jours au lieu de sept.

"Il faut avoir les moyens de les surveiller. Ce n'est pas les mettre en prison. Mais il faut utiliser l'application TousAntiCovid, leur faire faire des tests et tester les personnes qui ont été contacts", a estiméle chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Tenon. "Il faut être extrêmement vigilant avec ces variants, qui ont sans doute plus de gravité, mais surtout un échappement au vaccin actuel", a-t-il poursuivi.

Le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, a lui aussi plaidé, auprès de France Inter, pour que les autorités s'assurent que la quarantaine des passagers en provenance du Brésil "est respectée". L'isolement est ainsi imposé et contrôlé au Roayme-Uni, a-t-il souligné.

Il a également évoqué une autre solution, celle d'interdire tous les vols en provenance de ce pays d'Amérique du Sud. Comme le fait le Portugal actuellement - ce que réclament aussi plusieurs membres de l'opposition.

Les restrictions mises en place en Europe pour les vols depuis le Brésil.
Les restrictions mises en place en Europe pour les vols depuis le Brésil. © BFMTV

Selon la dernière enquête flash du 16 mars dernier, relayée par Santé publique France, ce variant P.1 représente aujourd'hui 0,5% des cas en France. Bruno Lina, membre du Conseil scientifique et chef du Centre national de référence des virus respiratoires de Lyon évoque lui le chiffre de 0,4%, à partir du séquençage des cas positifs.

Clément Boutin Journaliste BFMTV