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Covid-19: à quel point les différents variants brésiliens circulent-ils en France?

Réalisation d'un test PCR (illustration)

Réalisation d'un test PCR (illustration) - GUILLAUME SOUVANT © 2019 AFP

Le Brésil se heurte à la prolifération de plusieurs variants qui déciment la population depuis de longues semaines. Le plus redouté, le P.1, représente moins de 0,5% des cas en France actuellement.

Il s'agit de l'une des nouvelles préoccupations des autorités françaises. Alors que le Brésil fait face à un désastre sanitaire en raison de la circulation de différents variants du Sars-CoV-2, de nombreux voyageurs en provenance de ce pays d'Amérique du Sud continuent d'arriver en France, en n'étant soumis qu'à de simples tests antigéniques, confirmés par test PCR en cas de positivité.

"On devrait être plus vigilant sur les vols qui arrivent, mais en fait, il faut reconnaître que probablement le variant est déjà là. Il faut que la quarantaine pour les passagers soit imposée", a estimé ce mardi matin Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV.

Partie infime des contaminations

Au total, 92 variants ont déjà été identifiés au Brésil, selon le recensement début avril de l'institut public Oswaldo-Cruz. Trois de ces mutations sont d'ores et déjà scrutées en France, dont le redouté variant P.1.

Considéré comme un "variant préoccupant" par les autorités sanitaires, il a décimé la ville amazonienne de Manaus et porte deux mutations majeures. La première, N501Y, également commune au variants anglais et sud-africain et brésilien, est soupçonnée de le rendre plus transmissible. La seconde, E484K, est suspectée d'amoindrir l'immunité acquise soit par une infection passée (avec donc une possibilité accrue de réinfection), soit par les vaccins.

Sur le site de Santé publique France, les résultats d'une dernière enquête flash datant du 16 mars dernier évoque une prévalence nationale de 0,5% pour ce variant P.1. Bruno Lina, membre du Conseil scientifique et chef du Centre national de référence des virus respiratoires de Lyon évoque lui le chiffre de 0,4%, à partir du séquençage des cas positifs.

Si ces chiffres peuvent paraître faibles, ils n'écartent pas une possible diffusion rapide dans l'Hexagone. "Le (variant) brésilien, on le sait, est désormais très bien installé en Amérique du Sud, au Chili, évidemment, mais ça y est, on voit aussi qu’il remonte. Il y a près de 800 cas en Colombie-Britannique, et il arrive aux États-Unis, dans le Massachusetts, en Floride… La leçon à en tirer est que ça peut partir très vite, y compris en Europe!", estime Rémi Salomon, représentant des médecins de l’Assistance-publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) auprès du Parisien.

Deux autres variants surveillés

Santé publique France scrute également un second variant nommée P.2. Ce "variant à suivre", apparu sur le continent américain "dès avril 2020", également porteur de la mutation E484K. En date du 8 avril, "22 cas ont été détectés en France métropolitaine, ainsi que 72 cas en Guyane", plus exposée du fait de la frontière mitoyenne de cette région d'outre-mer avec le Brésil.

En Guyane, "ce variant a diffusé progressivement dans la population pour devenir prédominant parmi l’ensemble des prélèvements séquencés fin février. Toutefois, la détection de ce variant diminue depuis le mois de mars", apprend-on encore.

Enfin, un dernier variant nommé N.9 "qui aurait émergé au Brésil" a intégré la liste des "variants en cours d'évaluation" par Santé publique France. Ce dernier, "porteur de la mutation E484K ainsi que de plusieurs délétions dans la protéine Spike", n'a, à ce jour, jamais été détécté en France.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV