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Vaccins obligatoires: les parents auront 3 mois pour se mettre en conformité

La ministre des Solidarités et de la santé a assuré ce mardi sur BFMTV que les parents auraient trois mois pour se mettre en conformité avec la loi dans le cadre des nouvelles obligations vaccinales.

Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la santé, était ce mardi l’invitée de BFMTV. Elle est revenue sur le calendrier vaccinal, renforcé depuis le 1er janvier. Onze vaccins sont dorénavant obligatoires pour les enfants nés à partir de ce début d'année 2018. "Les premiers carnets de vaccination seront regardés cet été", a précisé la ministre.

"On fera une inscription transitoire en crèche"

"On laissera un délai pour se mettre en conformité. On fera une inscription transitoire en crèche qui permettra pendant trois mois aux familles de régulariser la situation. Ce n'est pas un couperet qui tombe. Je veux rendre la confiance. Un vaccin obligatoire, c'est parce que c'est sûr, il n'y a pas d'effets secondaires, ça protège l'enfant mais aussi la collectivité." 

Agnès Buzyn a de nouveau rejeté toute sanction pour les parents récalcitrants mais a insisté: "la politique de santé publique est une politique ferme et assumée par les pouvoirs publics."

Face à la méfiance des Français vis-à-vis des vaccins - 25% y sont défavorables - Agnès Buzyn a incriminé des campagnes de désinformation. "Le doute s'est instauré (...) sans que les pouvoirs publics ne reprennent un discours rationnel et scientifique sur l'intérêt des vaccins alors que l'Organisation mondiale de la santé demande un taux de couverture vaccinal de 95%" alors que "nous sommes de 60% à 80% pour la majorité" des vaccins obligatoires.

La ministre a également pointé "des erreurs de communication sur des politiques vaccinales", citant la grippe H1N1 en 2009. La campagne de vaccination s'était soldée par un fiasco. Seule 8,5% de la population avait été vaccinée et près de 3,5 millions de doses avaient été jetées.

Lactalis: "Nous avons pris le sujet à bras le corps"

Agnès Buzyn est également revenue sur le scandale du lait infantile contaminé à la salmonelle. Au total, 38 enfants ont "la preuve d'une infection" et "il est possible que des enfants soient amenés à être ré-hospitalisés", a reconnu la ministre, qui a rejeté toute accusation de négligence de la part des autorités.

"C'est parce que nous avons mené une enquête que nous avons retrouvé l'origine de la contamination (...) Lactalis a mis un certain temps à réagir (...) Nous avons pris le sujet à bras le corps dès la première alerte. Le nombre d'alertes vis-à-vis des professionnels a été important (...) On peut reprocher aux industriels, aux distributeurs et certains pharmaciens de ne pas avoir été suffisamment vigilants sur les retraits de lots."

Leclerc, Casino, Système U, Carrefour, Intermarché, Auchan et Cora ont en effet vendu des produits qui avaient été rappelés par Lactalis.

C.H.A.