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Risque d'addiction: ordonnance désormais obligatoire pour les médicaments à la codéine

De nombreux médicaments usuels sont augmentés de codéine pour traiter les douleurs plus aiguës.

De nombreux médicaments usuels sont augmentés de codéine pour traiter les douleurs plus aiguës. - Nell Tackaberry - flickr - CC

De plus en plus de jeunes détournent ces antidouleurs et sirops pour la toux dérivés des opiacés afin d'en tirer des effets psychotropes.

Les médicaments à base de codéine ne pourront désormais être délivrés que sur ordonnance, a annoncé mercredi le ministère de la Santé, afin de "mettre un terme à des pratiques addictives dangereuses et potentiellement mortelles" liées à l'usage détourné de ces produits.

De plus en plus d'adolescents consomment des cocktails à base de codéine, détournée en drogue. Jusqu'à présent, ces médicaments (des antidouleurs et des sirops pour la toux) pouvaient être délivrés sans ordonnance s'ils contenaient une quantité de principe actif inférieure à un certain seuil.

La codéine, un antidouleur de la même famille que l'opium, était jusqu'ici disponible en vente libre en France sous forme de sirops contre la toux et en comprimés, si la dose ne dépassait pas 30 mg par comprimé. 

Au total, trois dérivés d'opiacés sont concernés par l'arrêté

L'arrêté, signé ce mercredi, paraîtra jeudi au Journal officiel et entrera en vigueur le lendemain, a précisé le ministère. Il concerne aussi les médicaments contenant trois autres dérivés d'opium - le dextrométhorphane, l'éthylmorphine et la noscapine. 

Cette décision a été prise "en lien avec la Direction générale de la santé et l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)", suite "à l'identification de nombreux cas d'abus et d'usage détourné de ces médicaments", a expliqué le ministère dans un communiqué.

Début juin, l'ANSM avait dit réfléchir aux moyens de "restreindre l'accès trop facile" à ces médicaments, évoquant une "nette augmentation" de "demandes de délivrance suspectes rapportées par des pharmaciens d'officine mais aussi de cas de dépendance ou d'abus ayant pu conduire à une hospitalisation". 

La mode du "purple drank", cocktail à base de codéine, d'antihistaminique et de soda a "provoqué deux décès tragiques chez des adolescents depuis le début de l'année" et 30 "cas graves" chez des moins de 25 ans "ces deux dernières années", tandis que 25 cas graves liés au dextrométhorphane (antitussif aux propriétés hallucinogènes) ont été rapportés, a souligné le ministère. 

>> Ci-dessous, le témoignage de Christelle dont la fille était morte d'un détournement de médicaments codéinés

David Namias avec AFP