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Reconfinement: l'infectiologue Gilles Pialoux appelle à regarder l'Angleterre pour "anticiper"

Le chef du du services des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon, à Paris, a mis en garde contre la dynamique du variant britannique.

Gilles Pialoux appelle à ne pas répéter les erreurs de la première vague. "Il ne faut pas faire avec l'Angleterre ce qu'on a fait avec l'Italie (au début de l'épidémie, NDLR), c'est-à-dire qu'il ne faut pas regarder l'Angleterre de loin avec un peu de condescendance", a commenté l'infectiologue. "On aura du mal à se passer (d'un reconfinement) si l'on regarde la situation" là-bas, estime-t-il.

En Angleterre, "ils ont été envahis par le variant en deux mois", a rappelé le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon à Paris. Et l'infectiologue d'appeler les "experts de l'Éducation nationale" de "regarder les données de circulation du virus chez les lycéens, chez les étudiants en Grande-Bretagne": "Ce sont des incidences extrêmement élevées".

"On a déjà ces informations qui nous viennent de l'Angleterre, il faut les regarder et les utiliser pour prévenir" et donc mettre en place un confinement, a-t-il poursuivi. "Ce sera probablement un confinement préventif, alors qu'on était plutôt dans des confinements qui courraient derrière l'épidémie - en tout cas le premier."

"Anticiper le coup d'après"

"On a changé de paradigme, ce qu'on veut, c'est anticiper le coup d'après et pas subir", a-t-il poursuivi. Car, pour Gilles Pialoux, "ce qui est étonnant c'est la dynamique de ces variants". Au Royaume-Uni, "ils l'ont repéré en septembre et il était dominant au mois de décembre". En Afrique du Sud, "ils l'ont repéré en octobre, et il est le variant quasiment unique là maintenant en janvier".

Et le spécialiste de conclure: Ce n'est pas nous qui dictons le calendrier, c'est ce virus qui est beaucoup plus compliqué qu'on ne l'a imaginé."
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Reconfinement

Mathieu Dehlinger