BFMTV

Où en est la vaccination en France, alors que l'exécutif vise 50 millions de primovaccinés fin août?

Lors du Conseil de Défense sanitaire tenu ce mercredi, Emmanuel Macron a martelé le prochain cap qu'il a fixé à la vue du gouvernement et des autorités sanitaires: 50 millions de primovaccinés d'ici la fin du mois d'août. Il a aussi pointé un essoufflement dans la prise de rendez-vous. BFMTV.com passe en revue les chiffres de la vaccination dans l'Hexagone ce mercredi.

L'objectif? 50 millions de primovaccinés d'ici la fin août "au moins", a même ajouté le chef de l'Etat. Lors du Conseil de Défense sanitaire tenu ce mercredi, le chef de l'Etat a voulu rappeler à tous l'horizon à atteindre en termes de vaccination à l'issue des trois prochaines semaines, tandis que l'État met les bouchées (et les contraintes) doubles pour lutter contre le variant Delta. "Mais on observe un ralentissement ces derniers jours dans la prise de rendez-vous", a également déploré Emmanuel Macron.

Primovaccinés, schémas vaccinaux complets, rendez-vous pris ou disponibles: BFMTV.com fait le point ce mercredi sur les chiffres de la campagne d'injections en cours en France pour y voir plus clair.

86% de primovaccinés au-dessus de 50 ans

Le volontarisme affiché par le président de la République ce mercredi au moment de mettre le cap sur les 50 millions de primovaccinés pour le 31 août a semblé une version martial du ton enjoué adopté la veille par son ministre de la Santé au moment d'annoncer les statistiques les plus récentes. "45 millions de primovaccinés en France ! 80% des adultes, et même 86% des 50 ans et plus", s'est-il notamment réjoui.

Dans le détail - à retrouver sur notre base de données - nous étions parvenus mardi soir à 45.289.566 Français ayant reçu au moins une dose, dont 37.840.706 étaient désormais complémentement vaccinés. Sur le papier, donc, le bond de moins de cinq millions d'inoculations supplémentaires à parfaire en trois semaines, sans être un saut de puce, ne semble pas tout à fait une gageure. Pour y satisfaire, toutefois, il faut que le rythme de la prise de rendez-vous suive à la bonne cadence. Or, Emmanuel Macron n'a pas manqué de faire part de son inquiétude sur ce point.

Des rendez-vous à la pelle

Si l'on considère la moyenne quotidienne des rendez-vous de première injection sur les sept derniers jours contractés auprès de Doctolib - grâce aux chiffres de la plateforme -, on parvient à la statistique de 128.417.

De surcroît, et toujours selon Doctolib, 148.000 Français ont pris "rendez-vous de vaccination" auprès d'eux au cours de la seule journée de mardi. Pour autant, on ne peut pas franchement parler d'une pénurie de créneaux. 1.067.655 rendez-vous sont ainsi disponibles au cours des 14 prochains jours, dont 275.354 sous trois jours, et toujours auprès du même site - qui rappelle lui-même qu'il n'en a pas le monopole. Parmi ces futurs patients, 55% avaient moins de 35 ans.

Tranche d'âge par tranche d'âge

Parmi les 148.000 Français ayant pris un rendez-vous vaccinal la veille sur Doctolib, 55%, par ailleurs, avaient moins de 35 ans.

Car bien sûr, la vaccination n'a pas démarré au même seuil pour tous, aussi les dynamiques et les niveaux de vaccination diffèrent-ils selon les tranches d'âges. Au-delà du satisfecit d'Olivier Véran autour des 86% de primovaccinés passés 50 ans, on note - via les données fournies à nouveau par Doctolib - qu'ils sont déjà 75% à avoir reçu au moins une dose chez les 18-24 ans, 72,7% chez les 25-29 ans, 71,5% chez les 30-39 ans 78% chez les 40-49 ans, 83,3% chez les 50-59 ans, 85,8% pour les 60-64 ans, 86,1% pour les 65-69 ans, et même 86,96% au-dessus de 75 ans. Les 70-74 ans apparaissent comme les champions de l'inoculation, avec un taux de 94,6% d'individus en leur sein auxquels on a administré au moins une piqûre.

Le défi des Outre-Mers

Les tendances varient également en fonction des territoires, et l'éphéméride des mesures sanitaires décrétées ponctuellement ici et là dessine une sorte de carte des vents de l'épidémie. Et les bourrasques sont particulièrement fortes et impitoyables dans les Outre-Mers ces temps-ci. Après la Martinique, c'est la Guadeloupe qui doit renforcer son confinement à compter de ce mercredi soir. La Guyane connaît un nouveau couvre-feu le week-end.

Il faut dire que sur place, les taux d'incidence explosent: 1176 cas pour 100.000 habitants en Martinique, 1855 en Guadeloupe. S'il est plus modeste en Guyane, il est tout de même bien supérieur à la cote d'alerte jaugée à 50 cas pour 100.000 habitants: 258,7. Ce mercredi, l'exécutif n'a pas hésité à pointer le retard de la vaccination pour expliquer le phénomène. Aux Antilles par exemple, on ne compte que 20% de personnes pleinement vaccinées parmi la population éligible aux injections (c'est-à-dire les individus âgés d'au moins 12 ans) contre 66% en métropole.

Là aussi, il s'agit pour la campagne de vaccination de trouver un second souffle.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV