BFMTV

Omicron: pour Delfraissy, l'installation du variant en France est "inéluctable", mais pas avant "plusieurs semaines"

Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique créé autour d'Emmanuel Macron.

Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique créé autour d'Emmanuel Macron. - LUDOVIC MARIN / AFP

Auditionné à la commission des lois de l'Assemblée nationale, le président du Conseil scientifique anticipe une baisse de la protection des vaccins actuels face au nouveau variant.

"Inéluctable". Jean-François Delfraissy n'a pas tourné autour du pot devant les parlementaires. Auditionné ce mercredi à la commission des lois de l'Assemblée nationale, le président du Conseil scientifique a expliqué que l'arrivée et la propagation du nouveau variant Omicron n'étaient plus qu'une question de temps.

"Nous pensons que l'arrivée de ce variant, elle va se faire. Elle sera inéluctable", a estimé l'immunologue, "mais probablement avec un certain temps".

Le président du Conseil scientifique rappelle l'épisode du variant Beta, apparu en Moselle au début de l'année, mais qui avait été "mis sous cloche" par le variant Alpha, alors prédominant. "L’installation du variant, qui va se faire, devrait mettre plusieurs semaines", a précisé Jean-François Delfraissy, qui y voit là un temps précieux pour la campagne de rappel vaccinal.

Une perte d'efficacité des traitements et des vaccins

Jean-François Delfraissy a également souligné que les dernières données scientifiques ne permettaient de savoir "s'il entraîne une gravité particulière", précisant qu'il n'y avait "pas d'impact particulier", au sein de la population âgée et fragile en Afrique du Sud, là où le variant a été détecté. L'immunologue a également indiqué que le variant Omicron avait "au moins un niveau de transmission équivalent à celui de Delta", et donc bien supérieur à la souche classique du Covid-19.

"La réponse à la 5e vague et à ce variant Omicron, c’est la même", juge le président du Conseil scientifique, "c'est diagnostiquer, faire des rappels [...] et les mesures de protection individuelle", ces dernières ayant "un impact signficatif sur l'occupation des lits".

S'agissant des traitements contre le Covid-19, "il semble qu'il y ait une perte d'efficacité des anticorps monoclonaux, en tout cas pour certains d'entre eux" face au variant Omicron. En outre, concernant les vaccins actuellement administrés contre le virus, Jean-François Delfraissy fait état d'inquiétudes face aux mutations du variant Omicron.

"On pense que la réponse cellulaire sera en partie efficace contre le variant Omicron, on s'attend raisonnablement à une diminution de la sensibilité et de la protection des vaccins", affirme le président du Conseil scientifique. "Par contre on ne sait absolument pas à quel niveau cela va se situer: -50%? -60%? Personne ne sait. On devrait le savoir dans les quinze jours à trois semaines qui viennent".

"Il faut vacciner avec ce qu'on a"

Interrogé sur les nouveaux vaccins spécifiques à ce variant et qui sont en cours de développement chez les laboratoires Moderna et Pfizer/BioNTech, Jean-François Delfraissy a estimé que ces nouvelles versions du sérum, même si elles voient le jour dans un délai de cent jours, ne pourraient être utilisées pour une vaccination massive qu'à partir de la fin du printemps prochain.

"Est-ce qu'il faut donc attendre? Non, il faut vacciner actuellement avec ce qu'on a", a développé l'immunologue.

Reste qu'"on ne se sortira pas de cette cinquième vague et du variant Omicron uniquement sur de l'innovation technologique", a rappelé le président du Conseil scientifique, qui plaide pour serrer "un tout petit peu les boulons sur les gestes barrières pour éviter de revenir à des contraintes qui seraient beaucoup plus fortes".

Hugues Garnier Journaliste BFMTV