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Oise: le médecin de la première victime du Covid-19 refuse le vaccin et n'ouvrira pas son cabinet

Invoquant un cas de conscience, le médecin généraliste refuse l'injonction de se faire vacciner et doit ainsi renoncer à recevoir ses patients.

"On ne peut pas me demander de violer ma conscience." Alors que l'obligation vaccinale contre le Covid-19 est entrée en vigueur ce mercredi pour les soignants des hôpitaux, des maisons de retraite, les aides à domicile, les pompiers, les ambulanciers et les soignants libéraux, le docteur Philippe Pinilo n'ouvrira pas son cabinet de Crépy-en-Valois, dans l'Oise. Le médecin généraliste refuse l'injonction de se faire vacciner.

"On me met un revolver sur la tempe et on me dit: 'Tu te fais vacciner ou, socialement, tu es mort'", résume-t-il au Parisien.

Méfiance

Le 12 février 2020, c'est lui qui avait mis en arrêt de travail un enseignant, testé positif à la maladie infectieuse. Mort quinze jours plus tard, ce professeur est devenu la première victime du Covid-19 en France. Le Dr Pinilo a ainsi assisté aux prémices de la déferlante de l'épidémie dans l'Hexagone. Il en a lui-même fait les frais en étant contaminé à deux reprises. Reste que sa "conscience", dit-il, lui souffle de ne pas accepter le vaccin.

"J’ai toujours été très pro-vaccins. Mais ce vaccin-là, ma conscience n’en veut pas. Les vaccinosceptiques, il faut les respecter. C’est un viol des consciences", soutient-il à nos confrères.

"Je vais vivre autrement"

Selon les données du ministère de la Santé publiées le 7 septembre, 95% des soignants libéraux ont reçu au moins une dose de vaccin, ils sont 89% dans les établissements de santé. Un schéma auquel Philippe Pinilo refuse d'adhérer:

"Une société qui vit ainsi va au chaos. Alors moi je dis: 'Allez-y, je vais vivre autrement' (...) Il n’est pas possible d’exercer ma profession quand la dignité humaine n’est plus au cœur du métier."

Alors, il se plie à la loi du 5 août 2021 qui prévoit que ceux qui ne peuvent justifier d'une première injection, d'une contre-indication vaccinale ou d'une contamination récente "ne peuvent plus exercer leur activité". Par conséquent, il n'a pas ouvert son cabinet ce mercredi et se laisse le choix pour la suite.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV